Avant-Première VO: Review Convergence: Justice Society of America #1[FRENCH] La Justice Society fait partie des « revenants » qui pointent le bout de leur nez à l’occasion de Convergence. Mais Dan Abnett et Tom Derenick n’héritent pas forcément de la meilleure période possible, parmi toutes celles qui étaient disponibles

Avant-Première VO: Review Convergence: Justice Society of America #1Convergence: Justice Society of America #1 [DC Comics]
Scénario de Dan Abnett
Dessin de Tom Derenick
Parution aux USA le mercredi 29 avril 2015

Quand on dit Justice Society of America, on pense soit à la version première de cet antique club des super-héros, dans les années 40… soit à sa version plus récente, quand le groupe s’en enrichi des Power Girl, Atom-Smasher, Starman… DC Comics a choisi de ne pas aller vers ces deux extrêmes et nous sert quelque chose qui me parait plutôt assez mal goupillé. Si j’en crois ce que nous voyons dans la page de garde, cette version de la Justice Society vient de la Terre-2 « Pre Crisis ». Pourtant, à la lecture, je pourrais jurer que c’est plutôt le groupe que l’on connaissait aux alentours de Zero Hour, quand se posait le problème de l’âge et que des personnages comme Mister Terrific ou le premier Hourman étaient morts. Il faut dire aussi que le dessin de Tom Derenick encourage cette ambiance Zero Hour… Restent essentiellement quatre héros (Hawkman, Alan Scott, Flash et Doctor Fate) sans grande indication de ce qu’ont pu devenir les autres membres de la JSA. Les héros dans la période pre-Crisis n’étaient pas aussi âgés que ça et j’ai pensé pendant un bon moment que le dôme provoquait peut-être un blocage de leur procédé de jouvence, ce que leur propose Kent Nelson n’a pas l’air d’aller dans ce sens. Où sont passés Wildcat ou encore le Robin de Terre-2 ? Mystère et boule de gomme. Je ne pense pas que Dan Abnett soit responsable du choix de la période, sans doute que DC a supervisé tout cela. Mais il tire assez mal parti de ce qu’on lui a confié. Accessoirement (mais là, ce n’est pas la faute d’Abnett), l’existence de la Justice Society parmi les dômes colle assez mal avec ce que Telos peut raconter à Dick Grayson dans la série centrale. Si les héros de la Earth 2 moderne sont bien les « personnages originaux » réécrits, auxquels Telos accorde un certain crédit, alors ces originaux-là, d’avant Crisis, posent un problème de fond.

Dans le flot des dérivés de Convergence, il y a beaucoup de retrouvailles. Mais pas ici. On n’en retire pas le sentiment que l’on peut avoir ailleurs en croisant à nouveau Wally West, Donna Troy ou la version Montoya de Question. On pouvait imaginer beaucoup de choses. Par exemple, même si je n’ai pas beaucoup aimé la fin de la dernière série Justice Society of America en 2011, on pouvait penser à quelque chose situé à cette période, clarifiant le sort ou la nature de beaucoup de personnages à peine élaboré (Red Beetle par exemple). Il y avait aussi la possibilité des années 40 comme je le disais. Et même si DC voulait sans doute un dôme sur lequel baser différentes séries (et dans le cas présent Infinity Inc.), un dôme Golden Age reposant sur la JSA et l’All-Star Squadron aurait pu faire l’affaire. Plein de solutions existaient. Finalement, cet épisode se goupille assez mal (et sans parler du laborieux discours de Telos, encore balancé une fois). Dan Abnett est un auteur qui s’épanouit dans la profusion de personnages. On a pu voire ça dans sa co-gestion de la Legion of Super-Heroes ou des Guardians of the Galaxy. Je crois qu’il aurait du mieux « peupler » son monde, faire de la JSA une vraie société (faire appel à la Wonder Woman de Terre 2, d’autres personnages) et pas simplement à quatre petits vieux sur le retour. Les quatre héros n’ont pas leur « mojo » et si je comprends l’idée de montrer ce que les autres versions, plus jeunes, ne peuvent envisager (la mise à retraite), j’imagine mal (par exemple) un Hawkman s’y résigner. Ce n’est pas le « retour » de la Justice Society que j’attendais. Mais cela pourrait être contrebalancé si la surprise jouait. Là, le charme opère assez peu.

[Xavier Fournier]