[FRENCH] L’ultime épisode de Captain America: Patriot couvre la partie la moins établie de la carrière de Jeff Mace comme porteur de bouclier. A savoir : les conditions dans lesquelles il a raccroché son masque au début des années 50. Pourquoi, comment ? Qu’est-il advenu de Golden Girl, de Fred Davis ? Serait-ce ou pas un happy end ? Karl Kesel ne donne pas dans le coup de théâtre à retardement mais prends soin avec beaucoup de tendresse de ses personnages jusqu’à la dernière page.

Captain America: Patriot #4[Marvel Comics] Scénario de Karl Kesel
Dessins de Mitch Breitweiser
Sortie aux USA le mercredi 1 décembre 2010

Depuis un annuel de Captain America où un Jeff Mace, amer, confiait ne pas avoir été un très bon Captain America à son  modèle (Steve Rogers) on était resté sans éclaircissement sur ce qui avait pu le pousser exactement à prendre du recul dans le début des années 50. Pour Golden Girl, alias Betsy Ross, les choses étaient encore plus floues. On ne pouvait même pas être certain qu’elle avait survécu à ses aventures. Mais là, alors que Karl Kesel range ses jouets, il utilise encore la fibre d’un héros qui, toujours culpabilisé par le fait de ne pas être le vrai Captain America n’en sort pas moins grandi, toujours prêt à faire passer l’émotion et les sentiments avant le reste. Et refusant les raisons de la bureaucratie. Mais alors que l’Amérique s’enferme dans une phase paranoïaque, Jeff n’aime pas trop ce qu’on lui renvoie…

Pas de gros super-villains dans ce numéro mais une lutte contre les compromis. A un moment on perd l’intérêt de savoir ce que va faire « Captain America » pour vraiment s’intéresser au destin de Jeff Mace et sa recherche de la seule chose qui compte à ses yeux. Le personnage devient de plus en plus humain et ce qui l’attend à la fin est comme une sorte de récompense, de repos mérité pour lui comme pour une partie des personnages principaux de la série. On sera surpris, finalement, du nombre d’allusions à la continuité moderne (certaines prévisibles, d’autres moins). Je ne suis pas totalement certain de comprendre si l’organisme affronté par Jeff en milieu d’épisode est un homonyme d’un groupe récemment vu dans Marvel Comics Presents ou s’il s’agit bien de la même structure. Marrant de voir qui sont les gosses qui jouent dans les rues de Glendale, quand on sait qui seront leurs descendants. C’est peut-être même un poil too much mais quand bien même cette fin comblera sans doute les fans du personnage car elle laisse peu de choses sans réponses et complète parfaitement la mini-série. En définitive elle n’aura qu’un défaut : ne pas avoir plus d’épisodes.

[Xavier Fournier]