[FRENCH] Captain America a connu son lot d’imitateurs mais un seul est trois plus grand et fort que lui. L’Ameridroid est de retour, bien décidé à en finir avec le Vengeur étoilé. Ou… les méchants de service ont un but plus complexe qu’il n’y parait. Une bataille en apparence assez classique mais qui débouche sur une situation plus problématique pour Steve Rogers…

Captain America #3 [Marvel Comics] Scénario de Ed Brubaker
Dessins de Steve McNiven
Parution aux USA le mercredi 21 septembre 2011

Des années qu’on ne l’avait pas vu. Et soudain l’Ameridroid, la copie géante de Captain America, est à nouveau là pour se venger de son modèle. Je ne suis pas certain qu’Ed Brubaker soit forcément « friendly » avec les lecteurs les plus récents sur cet arc. Même si Jimmy Jupiter, héros oublié des années 40, était pratiquement hors concours à ce niveau-là, l’androïde nazi n’est guère apparu depuis les années 80 et sa réintroduction, très rapide, risque d’en égarer plus d’un. Passée cette réserve, allez, autant le dire, c’est avec un petit plaisir coupable que je retrouve ce personnage certes un peu bourrin mais dont la nature fonctionne toujour : comment, dans l’absolu, venir à bout d’un gaillard identique à vous mais où tout est multiplié par trois ? La chose pourrait cependant rapidement tourner en rond si des éléments perturbateurs, judicieusement placés là par Brubaker, ne venaient s’ajouter à la dynamique. Ainsi Sharon Carter prouve tour à tour que tout le monde ne peut pas s’improviser porteur de bouclier mais aussi qu’elle n’est pas une potiche, capable de tenir tête même à un adversaire confirmé de Cap.

On notera peut-être une seule faute de goût en ce qui la concerne : McNiven a tendance à la représenter dans un déhanchement improbable dans une scène. Comment croire qu’elle prenne la peine de se cambrer à ce point pour téléphoner alors qu’elle assiste à une bataille en cours ? Malgré celà, McNiven est excellent par ailleurs, semblant s’ouvrir à de nouvelles influences (par moments il y a un peu de Travis Charest en un sens). L’artiste donne vraiment de la personnalité à cet arc et même si dans les scènes de batailles ses personnages peuvent sembler parfois un poil figés, ils ont de l’élégance. Elégance qui s’exprime d’ailleurs aussi dans les autres passages plus calmes. Même la réintroduction de Jimmy Jupiter en début d’arc tenait un peu de l’obscur pour qui n’a pas ses Marvel Golden Age Masterworks sous la main, j’aime beaucoup la petite touche des personnages ayant séjournés pendant des décennies dans un monde de rêves et qui peinent à croire que le monde réel soit devenu si noir. Celà ouvre des possibilités à Brubaker et, comme nous le montre la fin de l’épisode, on a décidément pas fait le tour de cette histoire de rêves. Une histoire à suivre jusqu’à la conclusion de l’arc (l’important étant, comme toujours, la chute). Mais en tout cas, comme le montre à sa manière la couverture, c’est percutant !

[Xavier Fournier]