[FRENCH] Dernier épisode de ce volume de Captain America mais aussi dernier épisode de Cap par Ed Brubaker. Pour l’occasion le personnage se retrouve confronté à lui-même et revisite sa propre histoire avec beaucoup d’humilité. Pas de coup de théàtre mais une grande conclusion pour un run qui, même s’il aura connu quelques moments de faiblesse, restera dans l’histoire du patriote masqué…

Captain America #19 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Steve Epting
Sorti aux USA le mercredi 24 Octobre 2012

Huit ans qu’Ed Brubaker est venu bousculer les choses dans l’univers de Captain America. Et pas seulement avec des bouleversements comme le retour de Bucky ou même la mort de Steve Rogers… Pour mesurer l’impact du scénariste il faut aussi se souvenir de la série antérieure (Marvel Knights) qui n’arrivait pas à conserver un scénariste plus d’un arc et demi, avec des histoires dont on ne savait même plus si elles étaient dans la continuité ou pas. Là, dans cet ultime épisode, Brubaker retrouve le compère Steve Epting au dessin mais aussi un de ses personnages de prédilection, dont le sort était plutôt trouble depuis sa dernière apparition. Steve Rogers s’entretient alors avec lui (encore qu’à bien des égards c’est un monologue). Et là dedans, dans ces quelques pages, Brubaker se livre à retour sur tout l’historique de Steve Rogers et de ceux qui ont porté le costume de Captain America.

Comme je l’écrivais en ouverture, c’est fait de manière très humble (regardez le peu de place accordé au Winter Soldier par exemple, alors qu’il aurait été facile de foncer dans cette porte ouverte…). C’est humble, parce que Brubaker trouve le moyen de glisser certains évènements réels de Timely Comics, arrive à faire placer même Joe Simon et Jack Kirby dans ce dernier numéro… Et ce n’est pas une mince affaire. Ce n’est pas tout le monde qui en aurait fait autant (les « derniers numéros de séries » pleuvent ces temps-ci et regardez combien d’eux font référence aux vrais créateurs du héros). Finalement en un sens le monologue de Steve Rogers ne s’adresse pas seulement au personnage qui lui fait face, c’est aussi d’une certaine manière Cap qui dit à Brubaker qu’il est temps d’y aller. Et le scénariste, dans sa générosité, prends le temps, avant de fermer la porte, d’ouvrir une nouvelle page blanche, une nouvelle existence, pour un perso secondaire. Même si ces derniers mois Brubaker ne nous aura pas vraiment éblouis avec ses Discordians, sa lettre d’au-revoir, d’adieu, est un épilogue efficace, à la hauteur des choses. Ca me laisse un peu la même impression que Peter David quittant Incredible Hulk. Bon courage à qui voudra passer derrière, ça ne sera pas évident !

[Xavier Fournier]