[FRENCH] Captain America s’offre un nouveau démarrage, sortie cinéma oblige (selon la logique qui nous a déjà valu Invincible Iron Man #1 et Mighty Thor #1). Mais aussi parce que Fear Itself a causé ce à quoi tout le monde s’attendait : l’inexorable retour du détenteur originel du bouclier étoilé. La difficulté de l’exercice consistant à raconter un récit post-Fear Itself sans trop en dévoiler…

Captain America #1 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Steve McNiven
Sortie aux USA le mercredi 13 juillet

Relancer Captain America sans changer le scénariste qui mène la danse depuis une demi-douzaine d’années ? Même si vous êtes fan(s) de l’approche de Brubaker, la question mérite d’être poser. En dehors de la considération commerciale évidente, comment justifier, à l’intérieur de la série, une relance alors que le donneur de direction reste le même ? La vraie raison tient dans les derniers mois de la précédente série Captain America. Dans les derniers temps, l’intrigue s’est dispersée. Il y a eu parfois de bons arcs (Gulag n’était pas mauvais dans son genre) mais il n’y avait pas une direction aussi forte que dans les premières années du titre. En regardant entre les lignes, on voit qu’ici Brubaker recentre les choses et fait écho à certaines étapes de son run. De ce fait Steve Rogers est à nouveau confronté à un ancien allié (ami serait un trop grand mot), un autre « soldat oublié du temps » qui s’attaque à certains symboles du passé de Captain America. Dans le même temps le scénariste surfe aussi sur certaines choses/astuces utilisées dans Secret Avengers. En clair, si vous aviez perdu la série Captain America de vue depuis quelques temps, ce nouvel arc joue sur des bases connues pour instaurer un climat « reader friendly ». Même si ça n’empêche pas Brubaker d’aller loin dans la continuité Timely, ramenant ici un personnage qui, même à l’époque, n’était pas évident à intégrer dans le contexte des autres séries. En bref, l’auteur nous refait le coup de John Steele/Prince of Orphans, tout en évitant le sentiment de redite. Oui, il y a des effets et des techniques déjà vues dans l’oeuvre de Brubaker mais les résonnances devraient être différentes (ne serait-ce que parce que le dénommé Bravo n’a pas le même lien avec Cap).

Niveau dessins, Steve McNiven est dans une forme éblouissante, à des années lumières de son Nemesis et même de son Old Man Logan. Son style se fait beaucoup plus énergique et efficace dans les scènes d’action, lorgnant par endroits sur certains traits de Travis Charest (période WildCATS) ou de Lienil Yu. Le résultat est bien plus dynamique que ce que j’attendais en tout cas. Fallait-il forcément relancer la numérotation de la série ? En un sens, c’est fait et rien ne sert d’en discuter. Mais ce Captain America #1 marque surtout une reprise en main du titre. Si les épisodes à venir sont du même tonneau, personne ne s’en plaindra !

[Xavier Fournier]