[FRENCH] Valiant Comics continue sa renaissance à travers une nouvelle série consacrée à Bloodshot. A l’origine une sorte de super-guerrier lancé dans les années 90, ambiance post-Cable, Bloodshot trouve ici un ton particulier, sous la supervision de Duane Swierczynski (Punisher MAX, Moon Knight, Immortal Iron Fist…). Un début intriguant…

Bloodshot #1 [Valiant] Scénario de Duane Swierczynski
Dessins de Manuel Garcia
Sorti aux USA le mercredi 11 juillet 2012

Pour parler franchement, je n’ai gardé qu’un souvenir assez flou du Bloodshot originel tel que publié dans les années 90. Un héros-soldat de plus, publié en pleine ère « Dark n’ Gritty ». Il avait sans doute ses fans mais il ne m’avait guère frappé par son originalité. Puisque Valiant réinjecte ses personnages en se gardant un droit d’inventaire, voici donc un Bloodshot réinventé par le scénariste/romancier Duane Swierczynski. Et l’auteur choisi d’y aller à fond, avec un super-soldat utilisé dans des opérations militaires en Afghanistan. L’entrée en matière donne un petit côté « Ultimates » (toutes proportions gardées) au personnage mais on va bien vite se rapprocher d’un cocktail qui intègre des aspects de Steve Rogers ou de Wolverine. D’abord Bloodshot se distingue par une sorte d’healing factor (à base de nanites) démentiel. Assez vite d’ailleurs on découvre à quel point la stratégie du personnage est influencée par ce pouvoir. Il ne s’agit pas simplement de regagner automatiquement des points de santé. Bloodshot sait se servir de sa destruction perpétuelle pour avancer dans l’histoire.

Nous avons donc un héros qui en prend donc plein la figure (et même plein le corps), dont le physique est en perpétuelle reconstruction. Une ficelle connue, efficace, mais qui gagne vraiment en ampleur quand on s’intéresse à la psychologie du héros. En effet, en cours de route Duane Swierczynski fait apparaître quelques coups de théâtre qui font qu’on comprend qu’une bonne partie de la série va se passer non pas au niveau physique mais bien dans la tête du héros. Il y a, en dehors de références évidentes à Weapon X, un brin de Philip K. Dick dans cette histoire. Ou en tout cas le potentiel est là. Même si le dessint de Manuel Garcia reste assez conventionnel (pas mauvais du tout, en lorgnant sur du Quesada de la grande époque, mais pas aussi inventif qu’on pourrait l’espérer), Bloodshot #1 pique l’intérêt. Reste à voir quelle direction la série prendra réellement. Mais ça commence bien !

[Xavier Fournier]