[FRENCH] Dans cet avant-dernier épisode du gros crossover de DC, l’issue de la guerre semble basculer, avec l’un des guerriers qui change de couleur tandis que les différents Corps tentent de s’unir (non sans difficultés) pour présenter un seul front opposé à la noirceur. Du lourd, donc, handicapé cependant par un soudain sentiment de précipitation qui fait qu’on espère que la fin ne sera pas bâclée.

Blackest Night #7 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns
Dessin d’Ivan Reis
Sortie aux USA le mercredi 24 février 2010

Geoff Johns est un auteur « situationniste » qui n’a pas son pareil quand il s’agit de faire monter les enjeux, de sortir de sa manche un boss plus gros que le boss précédent ou une source de menace qui vient encore accentuer le déséquilibre des forces. Son Sinestro War en était une bonne illustration. Il semble que Blackest Night ne fasse pas exception, avec l’irruption d’une nouvelle puissance sur l’échiquier, qui permettra, peut-être, au meilleur des Lanterns de faire basculer l’issue de la saga. A côté de ce sentiment d’intensité, il faut bien remarquer quand même un ou deux points d’interrogation. Par exemple le scénariste a peu justifié le dédoublement des porteurs de couleurs. En quoi fallait-il d’urgence que le Blue corp recrute Flash ou que Mera fasse partie des Red Lanterns ? Est-ce que leur présence est vraiment de nature à changer le rapport de force ? Dans le même ordre d’idée on est un peu surpris par la facilité qu’à le seul John Stewart de tenir tête depuis deux épisodes à des milliards de Black Lanterns. Il y a un côté « western héroïque » qui fait qu’on croirait voir Gary Cooper en train de résister seul à des milliers d’indiens en attendant la charge de la cavalerie. Non pas que l’ensemble soit désagréable, loin s’en faut, mais sur un ou deux éléments on a l’impression que l’auteur passe un peu vite (parce que si un seul Green Lantern arrive à tenir tête à une planète entière de Black Lanterns le crossover devrait être terminé depuis longtemps). Non, c’est quand même le positif qui l’emporte, par exemple avec un cliffhanger intéressant, où tout peut basculer…

On apprécie encore une fois la cohérence de l’ensemble, la grande maîtrise d’Ivan Reis (d’autant que cela fait des lustres qu’on avait plus vu un crossover DC mené de bout en bout par le même dessinateur) ou les pions que Geoff Johns place en prévision de « l’après ». Par exemple en voyant le nouveau venu menacé par Nekron, il n’est pas trop difficile d’imaginer l’effet que cela pourra avoir sur certains Black Lanterns dans un proche avenir. Je regrette quand même qu’un peu de précipitation fasse qu’on s’intéresse peu aux motivations de Nekron (ou même à pourquoi il n’était pas si offensif dans ses précédentes apparitions). Et surtout, surtout… il ne reste qu’un épisode pour conclure et il me semble bien qu’on s’achemine vers une fin à la Sinestro War, c’est à dire assez soudaine… Le mois prochain nous le confirmera (ou pas) mais à ce stade je serais un peu plus rassuré si Johns disposait d’un peu plus de pages pour finir. A moins que le futur Brightest Day soit en soi la conclusion ? Nous verrons. Pour l’instant Blackest Night #7 tient ses promesses en tout cas.

[Xavier Fournier]