Avant-Première VO : Review Astonishing X-Men #29[FRENCH] De tout temps (c’est à dire même à l’ère Whedon) Astonishing X-Men a toujours été décroché du reste des séries mutantes, un peu dans son propre monde. Il est donc étonnant de voir d’un seul coup des références à un ancien membre des X-Men qui ne fait pas partie des plus populaires de la bande, tandis qu’on fait aussi allusion aux retombées de Messiah Complex. L’ensemble est beau à regarder mais bon sang que l’histoire se traîne…

Astonishing X-Men #29 [Marvel] Scénario de Warren Ellis
Dessins de Simone Bianchi
Sortie aux USA le 22 avril 2009

Astonishing X-Men #29C’est peu de dire que le Warren Ellis qui écrit Astonishing X-Men en ce moment n’est pas le même que celui qui nous a régalé avec des choses Transmetropolitan, Authority, Black Summer ou Planetary (et sans parler, encore, de choses moins mainstream). D’ailleurs Ellis lui même ne s’en est jamais caché, son « cerveau professionnel » a deux hémisphères dont l’un produit des choses moins personnelles, moins typées. Cela dit il faut dire que pour ce coup-là, Ellis a aussi des excuses puisqu’il est obligé de faire avec les retombées de Decimation. C’est à dire pèle-mêle ce non-sens qui avait vu Hank McCoy conclure que les mutants avaient été éradiqués de tout le multivers (et tant pis si Exiler ou même New Excalibur démontraient le contraire) ou la folie de Forge que plus personne n’a jugé utile de mentionner depuis. Ellis se nourrit de ces pièces de puzzle mais il faut bien voir que le restant, pour l’instant, n’a guère plus de consistance. Tout au plus on s’intéressera à un court moment où il est démontré que finalement Cyclops n’est pas si éloigné de son mentor, le Professeur Xavier, et que s’il a besoin de mentir à ses co-équipiers pour mener une mission à bien, il le fera sans état d’âme (ceci dit, cela ne devrait surprendre aucun lecteur de X-Force).

En définitive le charme d’Astonishing repose donc beaucoup, pour ne pas dire entièrement, sur le style baroque de Simone Bianchi qu’on a connu parfois trop chargé pour véhiculer une véritable narration (je pense en particulier à ses Wolverine). Peut-être qu’on s’y habitue ou bien l’artiste évolue mais les images, ici, me paraissent moins chargées et plus lisibles. Dommage que ceci ne serve qu’un épisode figé, où il faut une vingtaine de pages pour aller d’un point A à un point B alors que l’objectif avait déjà été identifié au terme du numéro précédent. Astonishing X-Men est beau à regarder. Pour ce qui est de la lecture, on attend tout simplement mieux de la part d’Ellis. Mais qui sait, peut-être que le mois prochain l’intervention du nouveau protagoniste relancera la machine ?

[Xavier Fournier]