Avant-Première VO: Review Angela: Asgard's Assassin #1[FRENCH] Angela désormais établie dans l’univers Marvel, il est temps de lui donner des aventures en solo. Une vraie gageure sachant qu’en dehors de deux ou trois coups de colère, l’héroïne n’a pas vraiment établie sa personnalité. Un défi pourtant relevé par le prolifique Kieron Gillen, Phil Jimenez, Marguerite Bennett et Stéphanie Hans.

Angela: Asgard's Assassin #1Angela: Asgard’s Assassin #1 [Marvel Comics] Scénario de Kieron Gillen et Marguerite Bennett
Dessin de Phil Jimenez et Stéphanie Hans
Parution aux USA le mercredi 3 Décembre 2014

Je dois dire qu’à la base je ne suis pas un passionné d’Angela, que je trouve être un paradoxe. Créée par Neil Gaiman pour être l’exact opposé de Spawn, la bataille pour en regagner les droits l’a projetée dans l’univers Marvel où l’on s’efforce maintenant de lui trouver une autre histoire. Si bien que, depuis la fin d’Age of Ultron, on a cette guerrère rousse relativement atone qui a l’air de faire du photobombing dans les séries Marvel (tiens aujourd’hui je suis chez les Gardiens, demain avec Thor, allez savoir la semaine prochaine, peut-être que j’aurais le même coiffeur que Médusé…). L’expression de cette réserve est nécessaire pour expliquer que j’ai ouvert Angela: Asgard’s Assassin #1 en n’étant pas vraiment conquis d’avance. Et pourtant ça marche. Et bien même. D’abord il y a le « langage corporel » d’Angela qui, sous le crayon de Phil Jimenez retrouve un sens défini, une personnalité. Ca n’a l’air de rien mais ne serait-ce que ces rubans qui flottent autour d’elle demandent une certaine gestion. Jimenez est cohérent, représente un personnage « construit » et lui rend même certains accents de l’Angela d’Image. Ca, c’est pour ce qui saute aux yeux de suite. Mais rapidement le scénario de Gillen apparaît, en s’occupant de lui donner une histoire propre qui ne passe pas forcément par une autre « star » de Marvel. Le simple fait de lui découvrir une amitié existante (Sera) permet de mieux l’établir. Gillen écrit Angela comme si c’était un mélange entre « l’homme sans nom » (Clint Eastwood dans les westerns-spagetti) et Xena. Et cela fonctionne diablement bien.

Mais parler de la série en seuls termes serait faire l’impasse sur l’autre équipe créative, à savoir Marguerite Bennett et Stéphanie Hans. Si on doit en croire ce premier épisode, Angela: Asgard’s Assassin s’organise en deux parties. L’action dans le présent (dessinée par Jimenez) et des flashbacks annexes (co-écrits par Bennett et dessinés par Stéphanie Hans). Structurellement celà fonctionne bien (on pourrait même y trouver quelques échos de la narration sur plusieurs canaux temporels de Thor: God of Thunder). Même si les deux artistes ont des styles très identifiés, les deux tranches sont différentes mais pas antinomiques (sauf bien sûr si vous détestez franchement l’un des deux types de dessins, mais c’est loin d’être mon cas). Le seul petit truc qui me dérange dans ce qui serait autrement un concert de louanges, c’est que j’ai quand même l’impression d’une série avec une histoire principale menée par Gillen et Jimenez, à laquelle on aurait rajouté 5 pages produites ou co-produites par des femmes (finalement Bennett ne co-écrit que ces pages là où j’espérais qu’elle serait une partenaire sur l’ensemble du titre). J’ose espérer que dans les mois qui viennent on trouvera le moyen de faire des aller-retours entre les deux, que la partie Bennett/Hans ne sera pas forcément subordonnée ou ne se révelera pas un alibi à une époque où se pose la question de l’emploi des femmes dans le milieu des comics. Malgré cette question à éclaircir dans les numéros à venir, Angela: Asgard’s Assassin se révèle une bien bonne surprise, dépassant de loin mes attentes sur le personnage.

[Xavier Fournier]