Avant-Première VO: Review All-New Invaders #5[FRENCH] Cette semaine, All-New Invaders termine son premier arc. Les cinq alliés ont donc quelques pages pour venir à bout de l’empire Kree, d’Ikaris et d’une machine capable de posséder n’importe quel être semi-divin. Mais autant le dire tout de suite, les conditions dans lesquelles Robinsonreferme son histoire sont totalement sidérantes. Et je n’écris pas cela comme un compliment !

All-New Invaders #5All-New Invaders #5 [Marvel Comics] Scénario de James Robinson
Dessin de Steve Pugh
Parution aux USA le mercredi 28 mai 2014

J’ai un a priori plus que positif pour les personnages liés au Golden Age en général et pour les Invaders en particulier. Je pense qu’on ne nous a pas donné assez de cette équipe au fil des ans et que Marvel ne s’est pas toujours donné les moyens nécessaires pour nous convaincre. J’apprécie en général l’approche de James Robinson quand ses employeurs (que ce soit Marvel ou d’autres) lui laissent les coudées franches. Malgré quelques lourdeurs aux entournures les premiers épisodes d’All-New Invaders m’ont plutôt convaincu. Au demeurant, je suis donc un lecteur conquis par avance. Mais là, je ne peux que vous citer  » le Père Noël est une ordure  » et m’exclamer  » Mais qu’est-ce que c’est que cette matière ? Mais on dirait… ». Parce que oui, franchement, ce n’est pas très joli ce que l’on nous refile là. Enfin « joli », comprenons-nous. Niveau image Steve Pugh fait le job. J’ai envie de dire « il fait le job, LUI »…

Parce que James Robinson est tout simplement aux abonnés absents et nous sert (mal) une histoire tout juste digne d’une fan fiction. Cela commence dès la première page avec une introduction qui se passe trois minutes plus tard, puis aboutit à un flashback trois minutes plus tôt donc, et à l’intérieur de ce flashback, on en a un autre qui nous ramène au moment où les héros étaient encore sur Terre. On n’a pas passé deux pages que l’on a déjà franchi trois unités différentes de temps ! Tout cela pour nous expliquer un plan de Captain America qui… défie l’entendement. En gros, il s’agissait de laisser le champ libre à Vision pour qu’il aille chercher de l’aide sur Terre. Mais comme en gros la spécificité de cette aide ne pouvait pas se deviner avant que Cap ait posé le pied sur le monde Kree, cela n’a strictement aucun sens. Quel était le plan de Cap s’ils n’étaient pas tombés sur cet autre surhomme possédé ? Et inversement la résolution du conflit est expédiée d’une manière qui n’a pas plus de logique. Donc, les Kree sont assez fortiches pour coincer un Eternal et le mettre à leur service. Et quand un autre Eternal arrive, il semble que plus aucun Kree ne sache comment on a pu piéger le premier. Le truc s’arrête là, comme un « machin » tombé soudainement à terre. Ah ! j’oubliais un moment de bravoure où Captain America court-circuite l’Intelligence Suprême en brisant l’écran à travers lequel elle se manifeste. Mais bon sang ! Même moi mon petit PC de merde, s’il me prenait l’idée de passer un truc à travers l’écran, cela casserait l’écran. Pas le PC. Et j’ai quand même du mal à croire que les Kree soient moins bien équipé que moi… Ou que l’Intelligence Suprême n’ait qu’un écran sur toute la planète Hala pour se manifester. Et alors ensuite il faut croire qu’un empire galactique, il suffit de briser un écran et de libérer un Eternal pour que, hop, tout s’arrête et que les terriens puissent rentrer à la maison comme cela, pratiquement les mains dans les poches. C’est… sidérant. J’aime bien, en général, le travail de Robinson. Et l’approche qu’il a sur les personnages. Par exemple ici, vers la fin, il y a un dialogue vraiment bien senti sur les rapports entre Captain America et Jim Hammond, sur l’importance que ce dernier a pour le vengeur étoilé. J’ai donc tendance à espérer que c’est un faux pas exceptionnel, un accident dicté par des conséquences extérieures. Parce que là… C’est tellement cousu de fil blanc que j’ai l’impression d’avoir lu la BD de Prometheus. Après je ne dis pas que c’est la pire chose que j’ai lu de la semaine (*cough* Future End *cough*) mais là, vraiment, on tombe de haut…

[Xavier Fournier]