[FRENCH] Superman revit toujours ses débuts. Mais cette fois le voici troublé par des souvenirs de ses parents biologiques. Des visions d’un monde disparu et un aperçu du responsable de la fin de Krypton. Mais Clark Kent a des problèmes plus immédiats que les secrets de sa génèse. Quelqu’un a Metropolis découvre son plus grand secret. Grant Morrison continue de détailler la nouvelle donne du super-mythe.

Action Comics #3 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Rags Morales & Gene Ha
Parution aux USA le mercredi 2 novembre 2011

Continuitée rebootée, jeunisme tournant le dos à un passé riche de plusieurs décennies ? C’est peut-être le cas sur certaines séries du DCnU mais ici, sous le rédémarrage effectif, Grant Morrison a un peu la même approche que sur Batman, quand il a ramené des éléments aussi désuets et anciens que « Zur-En-Arrh », le Docteur Hurt ou Batmite en leur donnant de nouvelles fonctions. Ici, certes, il faut à nouveau décrire la fin de Krypton tout en établissant ce qu’était la planète natale de Kal-El. D’ailleurs en un sens Morrison suit une logique assez proche de celle de Geoff Johns sur ses Actions Comics, quand il s’agissait de décrire la destruction de Krypton comme n’étant absolument pas accidentelle mais bien comme une chose programmée, délibérée. Dans les quelques pages superbement illustrées par Gene Ha, Morrison s’en donne donc à coeur joie, replace des noms aussi oubliés que « Lyra Lerrol » (qui avait été globalement laissée de côté depuis la fin du Silver Age). Assurément avec le relaunch on a perdu les dernières décennies d’événements mais le scénariste, dans le même temps, se débrouille pour réinjecter des choses anciennes désormais modernisées. Son Action Comics est une nouvelle fois un judicieux mélange du Superman de 1938-1939, de Silver Age et de modernité. On en retire quelque chose de plus « primal » et de plus fort.

Au niveau des dessins le combo Morales/Ha aurait au demeurant de quoi surprendre mais il est bien utilisé, suivant un « précédant ». Dans le Starman de James Robinson aussi Gene Ha avait été employé pour dessiner du flashback. La rupture graphique est donc explicite et sert le récit, ouvre le périmètre visuel de Superman. On change d’ambiance pour une autre époque mais aussi pour un autre monde. L’épisode s’ouvre aussi sur le périmètre terrien de Clark Kent. On découvre qu’il n’a pas que des amis (loin s’en faut) mais qu’inversement il en a peut-être en des endroits insoupçonnés. Action comics n’a pas le « sense of wonder » passéiste que certains s’expriment à chercher dans les parutions d’aujourd’hui comme si nous étions toujours en 1965. Mais la revue a une qualité au moins égale et tout aussi pertinente : un sens de la (re)découverte…

[Xavier Fournier]