[FRENCH] La nouvelle League version Robinson & Bagley vole enfin de ses propres ailes et surtout les intrigues prennent formes. Le scénariste fait feu de tout bois, faisant autant des allusions à des événements récents, à des références au Silver Age ou encore à des choses en suspens depuis la fin de l’ère Meltzer…

Justice League of America #42 [DC] Scénario de James Robinson
Dessin de Mark Bagley
Sortie aux USA le mercredi 17 février 2010

Alors que la série est déjà dans l’après Blackest Night, on sort enfin la tête de l’eau en s’intéressant plus aux retombées de Cry For Justice qu’à la fin de la mini-série elle-même. Et ce n’est pas plus mal. On a vraiment l’impression de sortir d’une période de transition démarrée il y a des mois dans le titre, où la Justice League gesticulait en attendant que les personnages réellement désirés soient enfin disponibles. Les Superman de Robinson sont loin de m’émerveiller (encore que, soyons honnêtes, le dessin y est pour beaucoup) mais là, en récupérant certains de ses plots (Atlas, par exemple) et en les réinjectant au cœur de l’univers DC le scénariste passe un coup de turbo. On reconnait de manière tangible la patte de l’auteur de Starman avec ce même brassage de référence, qui se nourrit tout aussi bien d’allusions aux Challengers of The Unknow qu’à la carrière de Blackhawk. Pourtant le tout reste agréable car s’il y a références, elles ne gênent pas la lecture pour qui ne connaîtrait pas (ou peu) des personnages comme Darwin Jones. Disons que Robinson fait un inventaire de « son » univers DC, avec l’envie de transmettre un amour certain des personnages les plus mineurs. Du coup même le néophyte ne devrait pas se sentir « en dehors du coup ». Au moment où il serait facile de se dire que Robinson se nourrit du Golden et du Silver Age, cependant, il fait feu de tous bois et arrive à s’approprier des storylines laissées en plan depuis l’époque où Meltzer relançait la série…

Marre de voir Red Tornado détruit, réparé, re-détruit, re-réparé et ainsi de suite ? Robinson aussi et il travaille à une solution. Vous vous demandez toujours qui était le Doctor Impossible, frère supposé de Mister Miracle, mentionné dans les premiers épisodes de la présente série et oublié presque aussitôt par les scénaristes qui ont succédé à Meltzer ? Robinson prend là aussi les choses en main. Il arrive même, en un sens, à s’approcher de la période Morrison (la position dans laquelle CE Green Arrow se trouve à la fin de l’épisode me fait penser aux débuts de son fils au sein la JLA). Je dirais même qu’il y a une pincée de Mark Waid ou de Busiek dans cette manière d’impliquer tout le reste et l’arrière-banc des personnages de la firme et pas seulement la dizaine de héros officiellement membres du groupe (d’ailleurs, surprise, contre toute attente on se fait assez facilement au fait que Cyborg et Starfire sont désormais des « Leaguers »). Robinson fait ici un très bon travail de synthèse des différentes époques du groupe, tout en regardant vers l’avenir.. Bref, scénaristiquement on a la sensation d’un bon énorme en avant et surtout… d’une direction cohérente. C’est bien plus que la série n’en a eu ces dernières années. Quand aux dessins Mark Bagley reste fidèle à lui-même… Mon enthousiasme est par contre un peu tempéré par la sensation qu’à un moment où un autre on finira bien par nous rejouer l’air du « retour des trois grandes figures » et que ce qui nous apparait aujourd’hui comme une nouvelle direction cohérente pourrait s’en retrouver sabré… Nous verrons bien. Pour le moment, à l’instant T, la série relève enfin la tête…

[Xavier Fournier]