[FRENCH] Voici un épisode de Green Lantern Corps qui n’a rien à envier à la mini-série centrale de Blackest Night : la dimension individuelle des personnages y est gérée alors que dans le même temps le sentiment de menace est énorme et qu’on (re)voit quelque chose ou quelqu’un s’échapper du fond de la batterie noire. Un numéro très bien géré par Peter Tomasi…

Green Lantern Corps #46 [DC Comics] Scénario de Peter Tomasi
Dessin de Patrick Gleason
Sortie aux USA le mercredi 17 mars 2010

Tous les différents porteurs de « couleurs » ont été obligés par la force des choses à s’allier contre les Black Lanterns qui menacent tout l’univers. Mais dans bien des « events » ce genre de situation se résumerait à des pages doubles montrant des hordes de personnages sautillants dans tous les sens sans qu’on y trouve la moindre cohésion (vous savez, ces doubles pages qu’on a pu voir parfois dans Secret Invasion ?). Ici, ne le cachons pas, il y a bien ce type de vues pour correspondre à un certain folklore mais le scénariste Peter Tomasi ne se laisse pas avoir par cette facilité et au contraire décide de mettre de l’ordre dans tout ça, d’introduire un plan de bataille. Là où, dans Blackest Night stricto-senso, Hal Jordan, Sinestro, Atrocitus et les autres sont les têtes pensantes de leurs « corps » respectifs et sont coincés sur Terre, Tomasi nous montre leurs armées obligées de s’unir. Et dans la foulée ? Il continue de prêter attention au côté humain (ou, euh…. extra-terrestre selon les cas). Comme le montre la couverture « normale », Guy est réuni avec Tora mais pas de la manière qu’il pouvait espérer… Mais Kyle Rayner reçoit une autre visite toute aussi macabre et peut-être encore plus angoissante… quelque chose de noir, une sorte de monolithe qui flotte en orbite et qui renferme une certaine partie de son passé. Ames sensibles s’abstenir : pour bien des lecteurs l’objet en question est le symbole même du glauque dans les 15 dernières années de comics ! Pour ma part j’ai trouvé la scène très efficace…

Bon, déjà, rien que là, on aurait pu arrêter les choses et s’en tirer avec un épisode qu’on pouvait estimer entier. Mais Tomasi refuse la narration décompression et enchaîne aussi sec avec une idée que d’autres auraient gardé pour un numéro suivant (encore qu’il faut être honnête, c’est sans doute la chronologie du crossover qui impose une telle pression). Green Lantern Corps prend ici la relève de ce qu’on a pu voir dans les récents Blackest Nights, à savoir la perméabilité (ou pas) de la Batterie Noire. Autant le dire puisqu’il fait l’objet de la variant cover, l’Anti-Monitor est également au programme. Bon, après on achète plus ou moins le côté « Vous m’avez arraché (un bras, une jambe, un œil ou un truc du genre) mais je suis un héros et je continue de me battre ». Mais la charge est héroïque et par la même occasion le Green Lantern Corps (et les autres couleurs également) prouvent qu’elles ne sont pas seulement un « A côté » de l’intrigue générale !

[Xavier Fournier]