[FRENCH] L’un(e) d’eux n’en sortira pas vivant(e). Passée l’accroche de la conclusion l’intérêt de cette histoire n’est pas tellement qui vit ou pas à l’issue de ce numéro qui mais bien l’organisation de l’univers Top Cow selon Ron Marz. Le scénariste poursuit ainsi sa mise en ordre de Witchblade et des personnages associés. Des talismans nouveaux (et parfois anciens) sont réunis avec la promesse d’une cohérence renforcée et ça, c’est plutôt prometteur pour la suite…

Broken Trinity #3 [Top Cow]
Scénario de Ron Marz
Dessins de Stjepan Sejic
Sortie américaine : Mercredi 12 novembre 2008

C’est le chaos, comme à chaque fois qu’on réunit en un seul lieu la porteuse de la Witchblade, le Darkness et l’Angelus. Alors cette fois deux talismans de plus qui s’en mêlent, qui plus est à proximité du crash d’un avion en milieu urbain… Stjepan Sejic n’est pas George Perez et peine à exprimer de grandes doubles pages mettant en scène les talismans plus les légions de l’Angelus. C’est plus dans les moments où les personnages se retrouvent par petit groupes qu’il instaure une ambiance. Quelques bons points d’ailleurs à Ron Marz et à lui pour leur représentation du détective Gleason, qui sort de son rôle de potiche.

Le morceau de résistance du numéro tient dans quelques pages qui ébauchent la cohérence reliant la Witchblade, le Darkness, l’Angelus mais aussi un ensemble d’autres armes dont certaines nous sont connues (franchement j’en avais oublié une vu le peu de présence qu’elle a eu ces derniers temps). Ron Marz s’est donné beaucoup de peine pour donner un ordre à tout ça ces dernières années et cet « organigramme » semble augurer que sa trame n’a pas fini de se resserrer.

On comprendra qu’avec un titre comme « Broken Trinity » (la « Trinité Brisée ») Marz et Top Cow aient voulu expédier l’affaire en trois numéros. Mais peut-être aurait-il mieux valu prendre un peu plus de temps pour installer les nouveaux personnages/talismans et, pourquoi pas, faire converger les autres. On nous dit que tous les talismans sont attirés vers le même endroit mais en définitive on n’en voit même pas la moitié et ça, c’est un peu dommage. Mais peut-être qu’en un sens Ron Marz préfère parier sur une certaine sensation de frustration du lecteur pour remettre en avant la notion d’un univers partagé. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est « reader friendly » mais Broken Trinity semble être un élément fondateur dans l’intrigue de Marz, dont il saura sans doute nous reparler en temps utile.

[Xavier Fournier]