Avant-Première VF: Les Epées de Verre T1 - Yama[FRENCH] Dans un monde champêtre, presque médiéval, la jeune Yama vit une existence insouciante. Jusqu’au jour où son père ose tenir tête à Orland, le chef de guerre qui menace leur village. La fillette est obligée de fuir, des rêves de vengeance plein la tête, se promettant de revenir un jour s’emparer de la fantastique épée de verre… et de tuer Orland…

Les Epées de Verre Tome 1 – Yama [Les Humanoïdes Associés]
Scénario de Sylviane Corgiat
Dessins de Laura Zuccheri
A sortir en France le 26 août 2009

Les Epées de Verre Tome 1 - YamaVolontairement ou non, « Les Epées de Verre » commence en faisant de nombreuses œillades… Impossible de penser au siège du village, au méchant en armure, à la disparition des parents et à la quête de l’enfant sans évoquer, à un certain niveau, l’ombre de Thulsa Doom dans le Conan de John Milius. Pourtant ici les choses sont moins « musclées » et plus élégantes. Le scénario de Sylviane Corgiat fait aussi des allusions nombreuses aux chansons de geste et au mythe d’Excalibur, donnant finalement à un univers bien plus personnel qu’on pourrait le croire dans un premier temps. Il y a du mythe arthurien dans son histoire mais aussi une bonne louche d’ambiance du Dark Crystal de Jim Henson. Corgiat ne me semble pas « copier », disons que l’odyssée qui démarre est « habillée » de références (et que le lecteur est ainsi en terrain de connaissance) mais qu’il y a un goût certain de « neuf »…

« Neuf », également, est le style de Laura Zuccheri. Je veux dire par là que même si ce n’est pas, loin s’en faut, le premier album de l’artiste, elle arrive à insuffler une vie nouvelle dans les ambiances parfois trop convenues de la Fantasy. C’est bien simple : dans certaines cases le décor est impressionnant, possède la force d’un plan large du cinéma (il faut dire que j’avais la tête pleine du trailer du « Avatar » de James Cameron en lisant les passages dans la forêt mais bon citer Cameron, Milius et Henson au sujet d’un même album n’est pas un mauvais signe d’après moi) tout en gardant un statut d’œuvre à part entière. Certaines de ces « vignettes » pourraient sans crainte être agrandies et considérées comme des tableaux. Je pense entre autre au bas de la huitième et de la quatorzième page qui m’ont fait penser à des peintures de John Constable. Du coup les scènes de voyage ne sont pas que des cases de transition pour aller d’un point A à un point B. Elles donnent toute sa profondeur au monde des « Les Epées de Verre ».

Malheureusement j’ai été un peu gêné par ce qui reste un détail : le lettrage des bulles m’a paru un peu académique, ce qui fait que les tirades les plus longues donnent parfois un air curieusement guindé aux personnages, de façon totalement indépendante de l’expression dont ils font preuve dans l’image. Ce n’est une peccadille, c’est certain, mais c’est la petite chose qui pourrait être améliorée dans les tomes à venir.

[Xavier Fournier]