La fin de l’arc Hawks Eternal sonne pratiquement comme une fin de série puisqu’Hawkman et Hawkwoman affrontent pour la dernière fois le Lord Beyond the Void, une menace qui a animé le titre depuis le premier numéro. Robert Venditti et Fernando Pasarin utilisent quelques vieux clichés pour résoudre l’histoire mais elle forme cependant une bonne conclusion à une intrigue qui courait depuis plus de deux ans.

Hawkman #26Hawkman #26 (DC Comics)
Scénario de Robert Venditti
Dessin de Fernando Pasarin
Parution aux USA le mercredi 12 août 2020

Le Lord Beyond the Void est d’une certaine manière à l’origine du cycle de réincarnations de « Katar »/Carter Hall et de sa compagne à travers l’espace-temps. C’est aussi une sorte de Galactus du pauvre, un grand gaillard cosmique qui consomme de l’énergie et qui, au bout de quelques millions d’années, en est arrivé à la conclusion que les vies multiples d’Hawkman et Hawkwoman en font une sorte de source d’énergie. Il est donc bien décidé à dévorer la force vitale de ces deux prisonniers. Bien qu’Adam Strange et Atom soient de la partie, ils arriveront de toute façon trop tard. Cet épisode est celui de la mort des deux « Hawks ». On appréciera le tandem formé par Venditti et Pasarin, qui délivrent une certaine forme de tension alors que les deux héros principaux sont attachés et font du « surplace » pendant la plus grosse partie du numéro. Il y a un certain sens du sacrifice, même si dans le même temps la pirouette trouvée pour vaincre le Lord Beyond the Void est un cliché éculé du Silver Age (balancer d’un coup toute l’énergie de manière à ce que le type en face ne puisse l’absorber). La technique permet de revoir quelques incarnations passées des héros même si on ne saisi pas bien ce qui leur arrive. En théorie Hawkman et Hawkwoman sont deux forces vitales qui se réincarnent à travers une infinité de corps selon l’espace-temps. Chacun d’eux est une énergie qui dispose de multiples envellopes selon les époques. Dans un épisode précédent on a bien vu Carter servir de portail pour que ses doubles viennent lui prêter main forte mais en gros l’idée est qu’Hawkman est un peu comme un logiciel qui serait transféré à chaque fois que son disque dûr précédent est détruit. Là, la logique du Lord est tout le contraire : Carter (comme sa douce) serait donc un corps qui contiendrait une infinité d’âmes ou d’énergies vitales. Surtout, le coup du trop-plein d’énergie fait vu et déjà vu. Dans un autre registre, on peut dire que le Lord a un moment à la Thanos dans Endgame (et, non, il ne dit pas qu’il est inévitable).

« WE MEET OUR END TOGETHER. »

Après avoir réécrit les règles du jeu pour Hawkman il y a deux ans, Robert Venditti range une partie de ses jouets et établi une nouvelle donne, finale, pour le couple ailé. Le Lord n’a guère de personnalité propre mais l’ensemble est efficace. Surtout la conclusion débouche sur une nouvelle situation, où ce qui était d’une certaine manière la plus ancienne vie d’Hawkman devient sa nouvelle existence, son dernier destin. Visiblement dans les quelques épisodes qui restent les auteurs comptent exploiter la seule part d’héritage d’Hawkman qui n’avait pas été utilisée jusqu’ici. On peut considérer qu’Hawkman, la série, s’achève avec ce 26ème numéro mais qu’elle va s’offrir maintenant quelques épisodes d’épilogue et, peut-être, quelques ultimes surprises.

[Xavier Fournier]