ultimatepower7.jpg[FRENCH] Les choses étaient jouées d’avance. Ultimate Power était un navire qui prenait l’eau, où le peu d’événements qui se produisaient étaient d’une morne prévisibilité. Et puis voilà qu’arrive l’épisode qu’on attendait pas, celui qui donne un souffle nouveau à l’ensemble tout en y injectant des guest-stars pour le moins inattendus. Y’aurait-il de l’espoir ?

Ultimate Power #7
[Marvel Comics] Scénario de Jeph Loeb
Dessins de Greg Land
Sortie américaine prévue: 12 septembre 2007

Six épisodes sans qu’il ne se passe rien de bien terrible. Jusqu’ici Ultimate Baillement aurait été un titre plus justifié. Pour dire la vérité dès les premiers épisodes j’ai constaté qu’il ne se passait rien de bien intéressant dans cette mini-série. Oui, bien sûr, les héros Ultimate croisent le fer avec ceux de l’univers de Supreme Power. Mais sans plus. Des épisodes entiers sont passés avec les héros des deux camps gesticulant les uns autour des autres. On était quelque part entre le crossover qui ne semble avoir ni sens ni conséquence (Ultimate War) ou bien (sur le plan narratif) l’arc stratifié entre différents scénaristes qui ne semblent pas avancer par manque de connaissance de ce que font les autres (façon The Other). En effet, comme pour ce « fameux » arc de Spider-Man les épisodes sont écrit par blocs de trois (les trois premiers par Bendis, les épisodes 4-5-6 par JMS et les prochains par Loeb). Bref, ça sentait le naufrage au point que je me suis dis que je ne resterais pas pour regarder le bateau couler et que j’ai arrêté de commander la suite. Merci, non vraiment, sans façon, je ne voulais même pas savoir comment cela se terminerait. Avec le délai entre les commandes et la réception, j’ai quand même continué à recevoir Ultimate Power jusqu’au #6, en poussant alors un grand ouf de soulagement. C’était fini, je ne verrais plus ce gaspillage de papier apparaître dans ma pile de comics.

Et voilà, je me lance dans la lecture d’un Ultimate Power que je ne lis plus que pour écrire ce review, pas pour ma consommation personnelle et… Damned, voilà que Jeph Loeb, reprenant l’écriture, c’est dit que les choses étaient encore sauvables. Oh, ce n’est pas le nouveau Watchmen, loin s’en faut, mais on passe de six épisodes où il se passait si peu de choses à un seul qui alterne les effets de tiroir. Tout ce qu’on pensait savoir sur l’intrigue est faux (ou alors extrêmement parcellaire). Les premières pages d’Ultimate Power #7 sont occupées à nous fournir une première explication qu’on avait largement vu venir à la lecture de la fin du #6. Mais à quelques pages plus loin Loeb déconstruit le raisonnement pour nous donner une autre révélation en oblique. J’ai bien aimé que Nick Fury fasse mention d’Al Quaida. C’est précisément le genre de raisonnement politique que j’attends d’un titre Ultimate et pas d’un Heroes For Hire ou je ne sais quoi. Puis après avoir exploré les raisons du crossover, Loeb se met à faire monter les enchères en révélant l’arme ultime de Fury. On se dit que les choses n’ont pas finit d’empirer (dans le contexte interne des personnages, pas pour la série qui retrouve ainsi de bons rails) avant que l’épisode ne se termine sur l’arrivée inopinée d’autres guest-stars (que je ne m’attendais très certainement pas à voir là) préfigurant un combat encore plus large.

En fait, Loeb secoue les choses en appliquant la recette de ses Superman/Batman (ce qui bien sûr ne vous évoquera pas la même chose selon que vous ayez aimé ou pas ce travail antérieur). A savoir des demi-tours et des coups de théâtre toutes les 5 ou 6 pages. Je ne dis pas que c’est la panacée (et par ailleurs ses Wolverine m’ont laissé de bois en dehors des dessins de Bianchi) mais cela semble très certainement la voie à suivre dans une mini où jusqu’ici on s’ennuyait ferme.  Certes tout ça ne donne pas dans l’introspection mais ce n’est pas non plus ce qu’on attend d’un crossover global (Ce serait un peu comme chercher des Romains dans un western). Ultimate Power c’était jusqu’ici une promesse d’événement. Seulement une promesse qui semblait bien partie pour ne pas être tenue. En définitive on referme ce #7 en se demandant ce qui va se passer après – en voulant lire la suite – et c’est largement plus que ce qu’inspiraient les épisodes précédents. Ce n’est pas le comic book du siècle mais cela reste une bonne surprise. Reste que le prochain défi de Loeb sera de boucler l’affaire de manière convenable dans les deux numéros qui lui restent, en sachant manier de plus l’équipe supplémentaire qu’il vient d’intégrer à l’histoire. La suite au prochain épisode…

[Xavier Fournier]