[FRENCH] Bien que présent dans cet épisode, Thor laisse cette fois le premier plan à plusieurs de ses alliés asgardiens. Ce sont ses frères d’armes qui prennent le pas cette fois-ci et qui continuent de se mêler aux mortels. Certains ont un but totalement désintéssés mais d’autres résidents de la cité éternelle ont, eux, des idées bien moins altruistes. Straczynski et Coipel démontrent là qu’ils n’ont pas récréé qu’un héros reconnaissable à son marteau mais tout un univers qui peut fonctionner de manière autonome, même quand sa star se fait moins présente.

Thor #9 [Marvel] Scénario de J.M. Straczynski
Dessins de Olivier Coipel
Sortie américaine : 28 mai 2008

Si au début de la série j’avais peur que J.M. Straczynski entretienne un peu trop la recherche des Asgardiens perdus, le scénariste a su négocier le virage en l’espace de quelques épisodes. Aujourd’hui on n’en est déjà plus là et (s’il reste assurément quelques dieux paumés qu’on saura nous faire ressortir plus tard) les dieux retrouvés commençent à prendre leurs aises et à vivre leurs vies même quand Thor n’est pas là pour les guider. Balder et les Warriors Three sont du coup aux premières loges, avec un(e) Loki jamais très avare de conseil.

L’épisode permet aussi à Olivier Coipel de montrer plus en détail sa connaissance des personnages autres que Thor. A cet égard son interprétation de Loki semble un peu évoluer. Là où son Thor est taurin, innovant puisque se démarquant du canevas habituel des super-héros, Loki commence à prendre des allures à la Marylin Manson. ..

Bon, bien sûr le point faible de ce genre d’histoire c’est que cela fait des millénaires que les Asgardiens sont victimes des perfidies de Loki. On pourrait penser que quand Loki se ramène et dit « il fait soleil », les dieux seraient maintenant assez vaccinés pour savoir qu’il fait nuit noire.  Visiblement ce n’est pas le cas puisque que cette incarnation du mensonge arrive encore à ses fins sans trop de peine. Mais c’est surtout le caractère humain qui permet à cette histoire de fonctionner. Les humains que Balder sauve dans la neige ou encore celui qui courtise une certaine Kelda, tentant de se distinguer en enseignant aux dieux quelques pratiques sportives. Ces petites touches de copinage me font assez penser, en un sens, à ce qu’écrivait Walt Simonson quand il s’occupait de Thor, visant lui aussi des croisements entre les sociétés humaines et asgardiennes.

JMS termine l’histoire sur une révélation qui renvoit aux racines mythologiques du panthéon nordique (un lien qui existe dans le mythe mais n’a jamais vraiment été utilisé dans l’univers Marvel). Non, vraiment, on en n’est plus à chercher les Asgardiens. Ils sont bien en place. Mais visiblement le serpent s’est déjà glissé dans le jardin d’Eden et le royaume de Thor va devoir se préparer prochainement à sa première grosse crise. Straczynski & Coipel, eux, sont en excellente forme…

[Xavier Fournier]