[FRENCH] Entre le run passé de Dan Slott et celui, actuel, de Peter David, il y avait comme une cassure. Personne ne savait au juste pourquoi et comment Jen avait perdu son travail d’avocate. Pourquoi était-elle si amère. Dans les coulisses, on savait que pour des questions de planning David avait commencé à écrire ses épisodes sans savoir comment Slott concluait. Mais il manquait une explication importante. C’est ce que commence à fournir ce numéro (de qualité) en faisant le lien tout en révélant que la fille en vert est menacée par… Euh… Qui ça ?

She-Hulk #29 [Marvel] Scénario : Peter David
Dessins : Val Semeiks
Sortie américaine : 28 mai 2008.

Une fois mise en prison après les événements du mois passé, Jennifer a toute l’occasion de se livrer à un peu d’instrospection et de se souvenir ce qui a fait d’elle une chasseuse de prime plutôt qu’une avocate. Bon, le dessin n’est pas toujours exceptionnel et ne se prête pas forcément aux changements de tons d’un Peter David assez virtuose dans cette histoire. Mais il faut reconnaître que je ne sais pas trop quel style aurait pu bien s’en tirer sachant que le scénariste fait feu de tout bois, aussi bien au niveau de l’humour (« Dark Art » ?Bwa ha ha…) que d’une certaine noirceur. On découvre comment le monde de Miss Hulk a été chamboulé de manière inexorable et d’un seul coup les choses prennent un certain relief. Il est évident que l’héroïne est dans le colimateur d’un manipulateur hors pair mais qu’il faudra encore attendre un peu avant de savoir vraiment qui se cache derrière Dark Art.

Les conditions dans lesquelles She-Hulk cesse d’être avocate sont poignantes. On comprend tout à fait sa réaction comme l’on découvre le piège dans le piège. Les premiers mois de présence de Peter Davis sur le titre, une fois passé l’effet de surprise, semblaient devenir un peu poussifs. Là, l’auteur trouve le moyen de les inscrire dans un contexte plus global, une intrigue qu’il va être intéressant de voir éclore. L’avenir nous dira si cet épisode est peut-être un tournant dans son run. En tout cas il est très agréable à dire et joue bien sur les ressorts émotionnels du personnage. C’est assurément ce qui nous manquait pour faire le lien avec la période Slott…

[Xavier Fournier]