[FRENCH] Prenez Les films American Pie et Massacre à la Tronçonneuse. Ajoutez-y une pincée du roman « Des Souris et Des Hommes » de Steinbeck et même un peu du Carrie de Stephen King… Vous obtiendrez Scream Queen, un curieux ovni en forme de comic book qui permet à Boom! Studios de continuer dans la veine de l’horrifique mais avec un autre angle. Le scénario de Brendan Hay porte l’ensemble (même si la chose passerait sans doute mieux avec une nécessaire dose d’humour). L’ennui, c’est le dessin – à certains endroits très « limite » – qui plombe l’ensemble…

Scream Queen #1 [Boom! Studios] Scénario : Brendan Hay
Dessins : Nate Watson
Sortie américaine : 4 juin 2008

Le décor: Une université américaine voisine d’un centre commercial… Ca commence assez directement en nous montrant quelques voyeurs en train de poser une webcam dans les toilettes des filles. La couleur était affichée depuis les previews, les auteurs nous promettaient un American Pie horrifique. Et bien pour ce qui est de protagonistes qui confondent hormones et neurones, le contrat est respecté. Ce qui fait que scénaristiquement, on a beau savoir que le titre est Scream Queen et que ça virera au bain de sang à un moment, le virage, quelques pages plus loin, est assez bien vu…

Ce qui est moins agréable à « voir », justement, ce sont les écarts de dessins de Nate Watson qui par moment livre un travail disons dans la norme de certaines productions indés et dans d’autres… part en vacances ou je ne sais quoi… Dès la fin de les pages 2-3 les « bugs » graphiques sont assez évidents alors que pourtant on est dans une scène qui va donner le ton de la série. A l’évidence ce n’est pas un bon choix que Watson s’encre lui-même, qui plus est en utilisant des effets « pointes feutres » très désagréables. Je pense qu’avec un bon encreur dispensant un traitement avec des épaisseurs de traits et des ombres mieux gérés, on n’aurait pas ce genre de dérive…

C’est d’autant plus dommage que l’histoire, elle, a un potentiel. Un serial killer demeuré qui n’a jamais vu la lumière du jour et qui tue à l’occasion des étudiants du campus finit par craquer sur une jeune fille. Seulement dans un twist à la Carrie, il s’agit d’une fille que le reste des étudiants méprise et ridiculise. Le tueur y trouve alors l’inspiration pour sa prochaine liste de victimes. Je n’ai aucune idée de la route que compte emprunter Brendan Hay pour la suite. La pression pourrait aussi bien retomber dès le #2 ou bien monter d’un cran pour montrer sa vraie force. On verra. Dommage néanmoins que Hay ait négligé la piste de l’humour… Quelque chose entre l’équivalent BD de Scary Movies et le ton de la Justice League International aurait sans doute permis de pimenter l’histoire tout en faisant passer les traits les plus caricaturaux…

On attends le #2 pour voir quelle sera la vitesse de croisière du titre. Pour l’heure, tout est possible. A condition de trouver très vite une solution aux problèmes graphiques.

[Xavier Fournier]