xfact029cover.jpg[FRENCH] Si les X-Men sont pour l’instant « séparés » bien que personne n’y croit, X-Factor est encore officiellement en activité.  Néanmoins on voit le groupe s’effriter à la vitesse « grand V ». Et comme en plus le titre est écrit par Peter David, le « Facteur X » mérite une fois de plus sa définition la plus basique, a savoir une autre dénomination pour « imprévisible ». En prime: une mémorable discussion entre futurs parents.

X-Factor #29 [Marvel]

Scénario de Peter David
Dessins de Valentine de Landro

Sortie américaine le 12 mars 2008

Une bonne partie de l’équipe n’en peut tout simplement plus et le groupe voit quelques défections pour des raisons très différentes les unes des autres. Au milieu de tout ça, Madrox tente de sauver les meubles, parfois avec une clairvoyance digne de Batman, parfois avec la maladresse d’un bleu. Après Rahne, c’est Rictor qui a des envies d’aller voir ailleurs et je dois dire que c’est assez raccord avec l’historique des deux personnages depuis les années 90. On se souviendra qu’en d’autres temps Rictor avait quitté les New Mutants pour tenter de sauver Rahne des griffes de Genosha. Alors se faire « larguer » par l’entremise d’une simple lettre, on comprendra que ce ne soit pas du goût du jeune homme.

L’un des moments de bravoure du numéro reste quand même une discussion parentale attendue mais en même temps totalement inattendue, justement, dans sa manière de se dérouler. On a la un Peter David en grande forme, arrivant à jongler avec des moments graves, de l’humour et les tenants habituels des combats super-héros/super-vilains. En même temps, l’auteur dévoile un moment sa manière de faire quand ses personnages se mettent à se lancer sur une discussion sur les séries TV (P. David en est grand consommateur). En un sens c’est peut-être là qu’il puisse son originalité, apportant aux comics un certain type de structure qu’on voit d’habitude dans des Ally McBeal (et dans le sens présent, ca n’a rien de péjoratif).

De bons points, aussi, pour la mise en place plutôt « cosmique » d’une des menaces planant autour du groupe. Quand on arrive à la page-titre, on n’a aucune idée de ce qui se passe et d’où va tomber le pauvre type. Valentine De Landro illustre le tout de façon encore un peu jeune, à la manière de Madrox finalement: parfois inspiré, parfois carrément moins mais ca n’a rien de déshonorant à ce stade de sa carrière. Une fois de plus X-Factor est un océan de fraicheur dans l’univers des X-Men. D’où le paradoxe: tandis que les auteurs des autres titres « X » sont régulièrement tentés par un sempiternel retour aux années 90, à coups d’Acolytes et d’Exodus, celui qui reste le plus original est un scénariste qui… écrivait déjà X-Factor au début des années 90.

Même quand le super-vilain s’avère largement connu, Peter David arrive à mettre tout ça en place et on ne s’en lasse pas. Tout au plus maintenant que le groupe existe sous sa forme actuelle depuis une trentaine d’épisodes, je ne serais pas contre un ou deux nouveaux membres pour sortir un peu de moments où « Monet fait sa Monet » et « Guido fait son Guido ».

[Xavier Fournier]