[FRENCH] L’un des leurs est en prison. Un autre est prostré au fond de la cave, passant ses nuits à taper sur le sol tandis que l’émissaire de Satan hante les clubs de musique « goth »… Et pendant ce temps l’ex-Phantom Reporter tente d’écrire un article qu’il ne finira jamais. « The Twelve » arrive à mi-chemin de la maxi-série prévue et on commence vraiment à se demander si J. Michael Straczynski et Chris Weston vont réussir à conclure l’histoire dans les six numéros qui leur restent. Car si certains passages de ce numéro sont à la fois nécessaires et même relativement « émouvants »… C’est lent. C’est même très lent.

Twelve #6 [Marvel] Scénario de J. Michael Straczynski
Dessin de Chris Weston
Sortie américaine le 11 juin 2008

Tandis que Richard Jones (oui, comme Rick Jones mais sans lien de parenté parait-il) sèche devant sa machine à écrire, incapable de commencer le texte désiré, ses collégues passent le temps de manière assez diverse. A commencer par le Laughing Mask, jeté dans une cellule… JMS semble fonctionner selon une définition de l’Initiative qui est différente de celle vu dans les autres titres Marvel à l’issue de Civil War. Si je prends les histoires de Dan Slott ou de Warren Ellis, il est manifeste que quand vous avez un casier ou que vous êtes recherché, l’état passe l’éponge si vous vous convertissez à l’Initiative. Au pire, si ce n’est pas le cas, vous finissez déporté dans une prison située dans la zone négative. Aussi il est très bizarre que le membre des Douze inculpé de meurtre soit placé sans autre forme de procès dans une très ordinaire prison. Mëme s’il n’a pas de super-pouvoirs, on peut penser que le poids médiatique de cet « Hibernatus » suffirait pour que le SHIELD s’occupe un peu de savoir où on le place.

Scénaristiquement, la scène où la Black Widow vie sa vie et celle où le Dynamic Man réagit de manière homophobe auraient sans doute pu être « montées » de manière à dégager une certaine symétrie… Elles permettent de continuer d’établir le comportement des deux personnages… Encore que sur Dynamic Man j’aurais tendance à dire qu’on a maintenant bien compris son côté caricatural, plein de préjugés. Autre scène qui demanderait peut-être un peu symétrie: c’est la deuxième fois en deux épisodes que quelqu’un arrive en se prétendant lié à l’un des Douze. Peut-être qu’il y aurait du avoir un peu de rapprochement entre les deux événements…

Mais le morceau de résistance du numéro concerne Rockman (sorte de mélange entre Sub-Mariner et Hulk) qui a passé les derniers épisodes planqué au fond de la cave, cherchant sa famille en tapant sur le sol dans une sorte de morse propre à sa culture. L’histoire de JMS révèle beaucoup de choses à son sujet et lui donne une origine assez différente de celle qui avait déjà été montré. En un sens c’est un peu comme dire que Captain America n’aurait jamais été Steve Rogers, donc le virage est assez intense par rapport au héros… Mais ce choix du scénariste donne une dimension sociale à Rockman qui fait que – s’il n’est plus historiquement fidèle – le personnage y gagne en complexité. La livraison de ce mois est donc loin d’être ennuyeuse. Mais c’est lent, c’est vraiment lent… Dire que le premier numéro avait semblé faire un pied de nez à la décompression… Là on y est jusqu’au cou…

[Xavier Fournier]