[FRENCH] C’est à Howard Chaykin que revient la tâche de relancer l’univers Supreme Power après le relatif non-événement qu’aura été Ultimate Power. Mais au bout de quelques pages on se demande bien pourquoi Marvel s’est donné la peine de relancer le titre si c’était pour en faire quelque chose d’aussi plat. Seuls les complétistes de l’Ultimate Nick Fury pourraient raisonnablement s’intéresser au résultat. Quand à ceux qui voulaient la suite du Squadron, c’est rapé…

Squadron Supreme V2 #1[Marvel] Scénario de Howard Chaykin
Dessin de Marco Turini
Sortie aux USA prévue le 2 juillet 2008

Squadron Supreme s’ouvre des années après les événements d’Ultimate Power. Personne n’a plus jamais entendu parler des principaux spéciaux (comme Hyperion) et la version Ultimate de Nick Fury, piégé sur ce monde, aide à sa reconstruction tout en faisant ce qu’il fait le mieux: gérer le côté « secret » des affaires. D’emblée, un premier point « mou »: on botte en touche quand à la fin de la précédent série Squadron Supreme (dont les derniers épisodes n’ont jamais été réalisés). Du coup le lecteur n’a jamais eu droit à la fin de l’arc… On lui promettait qu’après Ultimate Power… Et bien non mon neveu: là, pratiquement dès l’ouverture, on nous dit que l’issue de cette bataille passée est… l’objet de rumeurs et de secrets. En gros, merci aux gens qui ont acheté Squadron Supreme jusqu’ici mais non, vous n’aurez pas la fin de cette histoire, circulez il n’y a rien à voir.

Ensuite vient l’absence même de la plupart des gens du Squadron Supreme, à part une, mineure. Je ne doute pas qu’ils reviendront par la suite (où alors vraiment quelqu’un chez Marvel a un problème de concentration) mais là pour l’instant on a surtout Nick Fury enquétant dans les ruines du monde de Supreme Power. J’aime beaucoup ce qu’Howard Chaykin a scénarisé par le passé (non jeune homme, il n’est pas que le type qui a dessiné un peu de Blade et de Wolverine dernièrement). Ses American Flagg étaient un monument des années 80, surfaient sur des questions politiques ou morales avec un certain esprit « rock n’ roll ». Le voir toucher à Squadron Supreme ou à l’Ultimate Nick Fury n’était donc pas une mauvaise perspective. Mais le bébé est tout simplement mal né. Chaykin a beau faire, il part avec deux boulets aux pieds, à savoir une série qui ne s’est jamais donné la peine de raconter le mot fin et les retombées d’une autre mini-série parue depuis. Rajoutez à çà que quelqu’un (Chaykin ou son éditeur) a jugé intelligent de changer les règles: au lieu d’avoir droit à une variation des personnages DC auxquels on appliquerait la paranoia habituelle des séries Marvel, voici que les nouveaux personnages qui émergent sont… des copies des Fantastiques, de Captain America et d’autres stéréotypes marvelliens.

Bon OK, le côté Squadron Supreme est loupé. Alors on pourrait peut-être voir cette série comme un mensuel consacré à Nick Fury, sous un titre différent ? Mais le Nick Fury vu ici est placide comme un agneau, n’a rien de la personnalité vue dans les Ultimates de Millar. Mais, surtout, le problème majeur c’est que tout ça est… mou. On s’accroche alors au maigre espoir que tout ça soit du « décompressé » maladroit, que les chapitres suivants amènent un peu de coeur à tout ça mais, justement, le coeur n’y est pas. Le Squadron Supreme redémarre sous de bien mauvaises perspectives. A moins d’une intervention rapide de guest-stars genre Marvel Zombie, je ne donne pas cher de l’avenir (aussi bien créatif que commercial) de cette série. Ce n’est pas spécialement mal écrit. Niveau dessin j’ai vu pire. C’est juste que c’est aussi passionnant que de la musique de super-marché.

[Xavier Fournier]