[FRENCH] Ron Marz est désormais bien à l’aise sur Witchblade et dans l’univers Top Cow de manière plus générale. Du coup le voici qui lance une création un plus personnelle, mêlant l’Asie (un thème de prédilection chez l’auteur ces dernières années) avec le mythe du dragon. Ce premier numéro est très agréable à lire. Il faut dire que le dessinateur Lee Moder a su faire entrer dans son style quelques subtilités qui font penser par endroits à Frank Cho ou Mike Wieringo…

Dragon Prince #1 [Top Cow] Scénario de Ron Marz
Dessin de Lee Moder
Sortie américaine le 10 septembre 2008

Tout est dans le titre ou presque : Ron Marz s’attaque à une figure qui, si elle n’est pas courante dans les comics, n’est pas rare. Le coup du jeune héros qui découvre qu’il est le rejeton d’une créature mythique. Des rapprochements pourraient se faire assez facilement avec le Firebreather publié par Image Comics central ou le Spirit of The Tao lointainement publié par Top Cow mais… L’exécution diffère grandement. D’abord Marz joue la carte d’une histoire à la fois enracinée dans la tradition asiatique mais également très simple à comprendre. En quelques pages on a le background du récit, il n’y a pas de mystères ou de demi-allusions à n’en plus finir. Marz réussit une narration qui n’est pas ultra-condensée mais arrive pourtant à être complète et « reader friendly ».

L’autre auteur, Lee Moder, n’a pas toujours brillé. Pour être honnête je l’ai souvent vu faire des fill-ins, volant sans doute à la dernière minute à l’aide de collègues qui n’avaient pas tenus les délais. Dans ces conditions il ne donnait sans doute pas le meilleur de lui-même. Dans Dragon Prince Moder arrive à rester fidèle à sa personnalité (on reconnait son style) mais épice ses dessins par de véritables allusions artistiques. L’héroïne principale, selon les poses, fait penser à un personnage qui aurait pu s’échapper d’une vieille planche de Frank Cho. D’autres passages (ceux de l’école par exemple) font penser à du Mike Wieringo. Ne croyez pas que je traite Moder de copieur. Je trouve au contraire intéressant l’évolution de son style, d’autant plus qu’elle intervient au sein de l’écurie Top Cow, où on utilise d’habitude plutôt des codes empruntés au grand patron (Marc Silvestri). Du coup Dragon Prince a un goût assez différent des productions habituelles de l’éditeur mais en tout cas très sympathique pour un numéro 1 et pourrait intéresser même ceux qui d’habitude ne trouvent pas leur bonheur dans les Witchblade et autres Darkness. A voir si Marz et Moder garderont la même fraîcheur tout au long de la minisérie.

[Xavier Fournier]