[FRENCH] L’univers Marvel a une équipe en trop. Ou en tout cas une équipe se trouve à une époque où elle ne devrait pas. Iron Man et ses Mighty Avengers sont donc aux trousses des Invaders en espérant les renvoyer chez eux avant que les vétérans n’endommagent la réalité à coups de paradoxes temporels. Et que font deux équipes de super-héros Marvel quand elles se rencontrent ? Elles s’affrontent bien sûr! Un épisode qui lorgne beaucoup (trop ?) sur l’ironie du sort. Une lecture néanmoins intéressante où deux mondes se percutent…

Scénario de JIM KRUEGER & ALEX ROSS
Dessin de STEVE SADOWSKI

Sortie américaine le 4 juin 2008

Iron Man et ses ouailles se sont remis des événements de l’épisode passé. Ils savent donc qu’il y a un Captain America flanqué des Invaders quelque part dans la nature. Avec tous les paramètres réunis pour causer un gros problème temporel: s’ils retournent dans leur époque d’origine ils risquent d’emporter une connaissance des événements « futurs » qui va changer l’Histoire. Mais s’ils ne retournent pas dans les années 40, le problème chronologique est assuré. A mon goût, Iron Man et Ms. Marvel se sont fait un peu trop rapidement à l’idée qu’il s’agit des vrais Envahisseurs et qu’ils viennent bien des années 40 comme ils l’affirment. Dans un monde où Modok, Zola et quelques autres n’en sont plus à un androide ou un clone près, il est difficile de croire que Tony avale ça aussi vite. C’est sans doute plus un souci de dialogue qu’autre chose mais le côté de l’Initiative m’a paru un peu trop prompt a accepter les choses sans plus de preuve. Vu que c’est un régime plutôt paranoïaque, c’est étonnant. D’autant plus que dans cette histoire qui se passe à l’évidence après Civil War mais avant Secret Invasion (Spider-Woman n’a pas encore abandonné les New Avengers), on sait qu’une situation de voyage temporel en théorie similaire (Captain Marvel) est loin de causer le même émoi au SHIELD. Alors pourquoi le voyage des Invaders poserait-il plus de problème que d’autres en terme de « paradoxe temporel » ? Allez savoir…

Mais le gros du numéro est occupé par un combat entre les deux équipes. Bon maintenant vu la couverture il ne faut avoir fait les grandes écoles pour deviner comment tout cela se termine. L’issue de la bataille est connue mais le chemin qui y mène est intéressant, à coup d’ironies, de combles et de signes… Il est par exemple intéressant de retrouver Iron Man combattant à nouveau un (jeune) Captain America mais aussi des scènes comme le Human Torch rencontrant Wonder Man (ils font un peu partie de l’arbre généalogique qui mène à Vision. Certains de ces clins d’oeil sont intéressants. D’autres sont vraiment trop téléphoné. Le fait est qu’Alex Ross et Jim Krueger sont souvent adeptes de l’idée de prédestination dans leurs scripts. C’était déjà le cas dans leur trilogie X mais le fait de révêler que tous les super-héros appartenaient à un dessein organisé depuis la nuit des temps par les Celestials avait l’avantage d’expliquer le « pourquoi ». Là, par exemple, ca devient un peu gros quand, parmi tous les membres des Invaders coincés par le SHIELD le seul a croiser un LMD est, comme par hasard, Human Torch. Bucky qui dit qu’il serait « prêt à donner un bras si… » c’est certes ironique mais cela manque de subtilité par rapport à son futur destin de Winter Soldier. A coup de phrases comme cela, les auteurs insistent à la fois sur l’idée que ces personnages n’ont pas la moindre idée de ce qui les attends mais en même temps que les choses sont écrites pour eux et pas pour un autre. Je respecte l’idée mais là aussi les dialogues gagneraient sans doute à être un peu plus légers.

Niveau dessins, Steve Sadowski est toujours égal à lui-même mais on note les mêmes problèmes de colorisation un peu trop « flashy » qui avaient déjà frappé au premier numéro. Malgré ce côté un peu trop éclatant, les Envahisseurs glissent un peu plus dans le 21° siècle (ironiquement en les capturant les Vengeurs les forcent à entrer en contact avec la société du présent, alors que les Invaders ne demandaient qu’une chose: repartir sans en voir plus). Pendant ce temps un autre voyageur temporel passé inaperçu suit l’équivalent d’un cours d’histoire accélé…

Malgré la couleur et les quelques petites bulles de dialogues mentionnées plus haut, la lecture du numéro a été agréable. J’ai particulièrement apprécié le fait que les Envahisseurs soient pris au sérieux dans cette histoire, capables d’en découdre avec les Vengeurs et, dans bien des cas, de leur donner du fil à retordre. Le fait qu’Iron Man soit pris pour un adversaire connu des Invaders est à la fois logique et amusant. Reste qu’on a vraiment la sensation que c’est dans le prochain numéro que les affaires sérieuses vont commencer, en particulier quand on voit la conclusion de cet épisode. « OK Axis, here we comes... ». Ah, c’est sûr que ca va chauffer…

[Xavier Fournier]