WandaVision s’achève avec un neuvième épisode bourré de combats et de résolutions (heureuses ou moins hereuses) pour les personnages, qu’ils soient majeurs ou secondaires. A l’heure des choix, il n’y a pas de doute qu’une partie des fans sera partagée sur le fait de voir le destin des uns ou des autres aller dans une direction qui est (ou) pas celle que le public anticipait. Mais clairement la série s’achève avec une belle redistribution des cartes.

Une cinquantaine de minutes pour en finir la série et résoudre la plupart des intrigues en cours, sur fond de combat « pyrotechnique » (les éclairs rouges contre l’énergie violette). A la neuvième semaine, le rideau tombe sur WandaVision en laissant Wanda Maximoff (et sa petite famille, directe ou indirecte) dans une position bien différente de celle que l’on lui connaissait au début du show. Cet ultime épisode, à n’en pas douter, s’attirera des réactions assez contrastées puisque l’on n’est plus, depuis des semaines, dans la parodie surréaliste des anciens sitcoms américains et que l’on revient, ici encore plus, vers une résolution des choses dans un premier degré assumé. Bref, si pour vous WandaVision c’était cette série trop délire où les héros étaient transportés d’une époque à une autre et si « différente du MCU », ce n’est ici plus le cas, clairement. Dans la même veine, les théoriciens enfiévrés qui imaginaient/voyaient/imaginaient voir débarquer Magneto, les X-Men ou une partie des Avengers dans les ultimes scènes vont aussi rester sur leurs fins, clairement. Même les scènes post-génériques n’ont pas la tenue d’un Boba Fett s’installant sur son trône. Néanmoins…

Le résultat, déjà largement ébauché ces dernières semaines, c’est que Wanda sort de cette série consacrée comme un personnage majeur du MCU en non plus comme un membre de second rang des Avengers. L’attachement du public est passé par là. Vision, reconfiguré à la lettre comme dans l’esprit, profite singulièrement, lui aussi, de cette exposition. Il faut de dire, la Sorcière Rouge et Vision, même dans les comics, sont des personnages complexes à résumer. Il ne suffit pas de dire qu’ils sont les derniers survivants de Krypton ou qu’ils se sont fait mordre par une araignée radioactive. Ils ont été étirés, compliqués, par des années d’histoires qui non seulement en remis en cause leur nature mais aussi leurs origines. D’où une distance, sans doute, dans les films, dès qu’il s’agit de les définir. Avec une série télé qui a su prendre le temps, au contraire, les voici bien installés, définis non plus par « là d’où ils viennent » mais par « tout ce qu’ils ont sacrifié ».

Bien sûr le sacrifice peut paraître relatif puisque, on l’a compris, une bonne partie de Westview n’est qu’un miroir aux alouettes. Pourtant, et c’est pratiquement dit à voix haute dans cet épisode toute la question est de savoir si la valeur que l’on donne à l’imaginaire (ou tout au moins aux souvenirs) ne peut pas être égale ou supérieure à l’attachement qu’on peut avoir pour le réel. Ce ne sont pas les spectateurs de séries TV ou les lecteurs de comics, capables de se passionner pendant des années pour les exploits de personnages fictifs, qui diront le contraire. Il y a comme une mise en abyme : alors que certains des protagonistes doivent dire au revoir à une partie des figures de Westview, ils sont finalement dans la même situation que le public qui voit la série se refermer.

L’autre personnage construit par cette série c’est Monica Rambeau et on comprend rapidement que Marvel/Disney+ n’en ont pas terminé avec elle. On regrettera que Kathryn Hahn soit à la peine au moment de jouer les « boss de fin de niveau », n’arrivant pas réellement à transformer la chose. Mais c’est aussi parce que ce n’est pas l’important dans l’histoire. Le combat plein d’éclairs n’existe que pour marquer le passage à un autre niveau. Et si l’on y regarde bien il n’est pas si premier degré qu’on l’écrivait plus haut. Il y va de ses petites allusions au Magicien d’Oz jusqu’à, même, des scénographies empruntées à Endgame (le moment où le combat bascule, la gestuelle est si proche qu’on s’attendrait à ce que Wanda dise « I am Iron Man »).

WandaVision terminé (il n’y aurait pas de sens d’avoir une saison 2 sous ce titre, mais allez savoir si Wanda ou les autres pourraient sans doute revenir sous un autre intitulé), le MCU reprend ses droits et c’est normal. Le programme tient en celà une promesse en suspens depuis les premiers épisodes d’Agents of SHIELD, à savoir une vraie connexion avec le pan d’univers que l’on voit au cinéma. Facile, forcément, puisque que Wanda et Vision viennent des films, d’accord. Mais quand on voit au final la redistribution des cartes, il est clair que ce neuvième épisode aura des conséquences diverses, avec des protagonistes désormais bien plus dans le « spotlight ». Oui, toute la sphère geek s’anime en pensant à l’annonce déjà émise concernant Wanda et Doctor Strange. Mais il y a aussi de quoi animer une future reformation des Avengers. Les deux scènes post-credits sont un peu « anticlimatiques » (même si l’une d’entre elle relance une piste) et on ne termine pas forcément sur un point d’orgue, mais ce dernier épisode fait largement « le job », consacrant toute la série comme un grand virage pour les personnages concernés.

[Xavier Fournier]