Wandavision continue son expansion à bien des niveaux, à commencer par l’évolution régulière qui pousse cette fois-ci l’essentiel du casting dans le contexte des séries télévisées « de gamins » des années 90 (façon Malcom). La chose tombe à pic puisqu’elle permet d’explorer un peu mieux les membres secondaires de la famille, y compris l’invité surprenant, arrivé la semaine dernière.

Ce que retiendrons surtout les lecteurs de comics, cependant, c’est que cet épisode d’Halloween permet aux auteurs et aux costumiers de s’en donner à coeur joie niveau allusions, avec des tenues faisant allusion à celles des BD. Visuellement, c’est sans doute le projet de Marvel Studios qui se rapproche le plus du matériel d’origine (à égalité avec certaines scènes de First Avengers). Les allusions, on l’a compris depuis la dernière fois, elles ne s’arrêtent pas au seul corpus de Marvel Studios. Non seulement il y a désormais quelque chose qui rappelle furieusement l’ère Fox des X-Men mais en plus, dans ce sixième épisode, les auteurs se permettent même un clin d’oeil appuyé à un autre film de la concurrence. Plus rien, ou presque, ne les arrête.

On ne peut pas en dire autant des personnages à l’intérieur du récit (et en particulier de ceux qui vivent dans la bulle télévisuelle de Westview), à qui une barrière mystérieuse enlève toute liberté. Loin de donner toutes les réponses (plusieurs personnes jurent d’ailleurs ne pas en avoir), cet épisode 6 permet une exploration plus avancée du périmètre, alors qu’un des protagonistes est bien décidé à aller voir ailleurs. A comparer l’épisode 6 peut peiner de la comparaison avec le « cliffhanger » de la semaine dernière. Ici, il y a une nette escalade et l’on peut se demander si tout cela ne va pas se finir par une sorte de « House of M » global. Aucun visage de dernière minute, cependant, ne vient jouer les points d’orgue et le deux ex machina.

En multipliant les figures (et en donnant ici un plus large rôle aux enfants), WandaVision s’offre un propos protéiforme où il est même compliqué de formuler les questions qui frappent le plus. S’agit-il de savoir comment ils vont échapper à Westview ou au contraire le devenir de certains personnages à la fin de la série ? Avec le casting (Wanda, Vision, leurs proches et aussi quelques personnages annexes comme Monica), WandaVision s’approche très près d’une série télévisée avec son propre groupe d’Avengers. Et on se demande si la personne avec qui Monica a rendez-vous ne va pas encore rajouter à ça. Un propos protéiforme, donc, mais captivant, même si parfois on aurait envie de dire « vous pouvez répétér la question ? » tellement les pistes paraissent variées… En celà, Doom Patrol ou Legion continuent d’être les séries télévisées qu’on peut le plus rapprocher celle-ci (diffusée sur Disney+). Imprévisible, malgré quelques temps morts…

[Xavier Fournier]