Avant-Première VO: Review Walking Dead #171

Walking Dead #171

Les protagonistes de Walking Dead ont croisé leur lot de personnages insondables. Ami ou ennemi ? Au premier contact on le sait rarement et les plus souriants ne sont pas forcément les plus amicaux. Arrivé au #171 Robert Kirkman et Charlie Adlard montrent encore que la peur de l’inconnu peut prendre bien des formes et qu’ils ne sont pas arrivés au bout de leur recette. Entre en scène Princess, un nouveau visage qui pourrait bien remuer un peu le cours de la série. En tout cas le potentiel est là.

Walking Dead #171Walking Dead #171 [Image Comics]
Scénario de Robert Kirkman
Dessins de Charlie Adlard
Parution aux USA le mercredi 6 septembre 2017

Partis en expédition, Michonne, Eugene et d’autres font une curieuse rencontre. Une autre survivante qui aurait vécu à l’écart, dans la solitude la plus totale et qui est… un intarissable moulin à parole. Mais est-ce que « Princess » dit réellement la vérité ? Est-ce que des complices n’attendent pas au coin de la rue pour trucider les héros ? On ne sait pas, car ce nouveau personnage est ce qu’on appelle un « trickster», une véritable machine à embrouiller qui dit blanc une seconde et noir l’instant d’après. Robert Kirkman renoue ainsi avec une tradition de « gueules » apparues dans Walking Dead. Difficile de savoir à l’avance si Princess y fera une longue carrière ou si elle sera consommée en quelques mois. Mais elle fait partie de ces figures (Michonne, le Gouverneur, Negan, Ezekiel…) qui ont profité de l’apocalypse zombie pour se réinventer, trouver un nouveau masque. Cette fois, les héros sont un peu dans la même situation que lors de leur premier contact avec Jesus, avant la découverte d’Alexandria. Si ce n’est que Jesus ne demandait pas mieux de les convaincre, d’éviter tout malentendu… Là où si Princess voulait cultiver le flou, elle ne s’y prendrait pas mieux. Et pourtant, dans le même temps, Kirkman arrive à dire justement des choses, à travers une sorte de double langage. Princess parle de la place de la diversité et du politiquement correct, en rendant manifeste le questionnement de son scénariste.

« Is anyone there?! »

Walking Dead #171 a été produit éditorialement au moment de l’annonce de la mort de Romero. Robert Kirkman, dans la page du courrier des lecteurs, se fend d’un hommage appuyé au réalisateur, reconnaissant au passage ce que Walking Dead doit à ses films. Ce qu’il y a de plus étonnant dans ce nouvel ajout à la série, c’est que Princess à certains égards (et malgré le procédé de son introduction), s’éloigne justement d’un archétype à la Romero à proprement parler et à s’approche plus d’un personnage à la Z-Nation (Adlard lui trouve au passage une garde-robe un peu « biatche bling-bling » assez rarement vu dans le titre). Mais est-ce le vrai visage de Princess ou son côté un peu folle est simplement une façade ? Il y a un effet assez rafraichissant de voir la réaction des héros de la série, pourtant blasés après tous les dangers rencontrés, qui se demandent instinctivement ce qu’elle fait là et ce qu’elle leur raconte. Est-ce que Kirkman et Adlard arriveront à maintenir ce côté tourbillonnant de Princess ? Difficile de le savoir car, c’est le propre de leur nouvelle création à ce stade, elle est indéchiffrable. Est-ce une sorte de Nabila de l’ère post-apocalyptique ou bien le prochain Negan ? Les paris sont ouverts et rien que dans cet épisode les auteurs arrivent à nous faire alterner entre ces deux possibilités.

[Xavier Fournier]
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