Avant-Première VO: Review Dark Nights: Metal #2

Batman est un homme pourchassé. Et pas seulement par ses ennemis traditionnels mais cette fois aussi par la Justice League of America et la plus grande partie de l’univers DC. Bruce Wayne est en fait destiné à devenir un terrible portail permettant l’arrivée des Dark Judges.. euh, pardon, des Dark Knights. Scott Snyder et Greg Capullo s’amusent beaucoup à brasser les concepts de DC, tout en débouchant sur une figure un peu (beaucoup) connue et donc déjà vue.

Dark Nights: Metal #2Dark Nights: Metal #2 [DC Comics]
Scénario de Scott Snyder
Dessins de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 13 septembre 2017

Dark Nights: Metal a commencé sur les chapeaux de roues, avec d’une part l’enquête (et désormais la fuite) de Batman mais surtout une toile de fond à la fois simple et ambitieuse qui permet d’unir l’histoire de nombreux héros DC dans un sens « généalogique » cohérent. En gros le scénario de Snyder envisage tous les « cousinages » possibles entre des héros tels que Batman, Hawkman, Abin Sur, les Blackhawks et bien d’autres encore. Cela nécessite parfois des dialogues et des monologues un peu verbeux mais en gros Snyder nous explique le pourquoi du comment de l’univers DC tel qu’on le connait et ce n’est pas simplement à prendre dans le sens de Rebirth mais plus profond, avec des éléments remontant à des choses publiées dès le Golden Age. Pour autant le lecteur qui ne connait pas sur le bout des doigts 80 ans de continuité n’a pas de raison de craindre cet aspect. On peut apprécier l’architecture d’une maison sans forcément savoir comment ont été produites les briques à l’unité. Mais le débouché immédiat c’est qu’avec ses histoires de métal, Snyder créé une charpente sur laquelle on pourrait venir installer des années d’histoires futures et de rebondissements. Capullo, lui, est à l’œuvre pour donner un sens cinétique à tout le début de ce deuxième épisode, qui consiste en une grosse poursuite et l’évocation d’encore plus de participants de l’univers DC. C’est plein d’easter eggs et de choses à (re)découvrir, additionnant des choses anciennes ou des concepts tirés des récits récents de Snyder sur Batman. Même un des ennemis des New Gods trouve une utilité surprenante dans son état actuel. C’est comme regarder un puzzle prendre forme et c’est captivant. En tout cas pour cet aspect des choses.

« Hiding in History has always been the greatest talent… »

Le problème est que Dark Nights: Metal est une saga qui tient sur deux jambes. La première est ce puzzle généalogique évoqué à l’instant. L’autre est l’idée qu’il y a donc un multivers secret, cachant des reflets noirs de Batman. Et là, malheureusement, il faut dire ce qui est, la chose n’est pas si nouvelle. A l’intérieur de l’univers DC, ce n’est jamais que l’idée du Crime Syndicate appliquée à Batman. Et si l’on regarde bien la trame concernant l’ouverture d’un portail pour des versions négatives, après avoir vu un Batman pourchassé par la Justice League, c’est quand même très proche du préambule de Forever Evil, si ce n’est que cette fois Bruce Wayne lui-même est la boite de Pandore. Mais surtout, au-delà de la filiation à l’intérieur de DC (qu’on pourrait apprécier ou pas mais rattacher à une forme de métatextualité rebondissant elle aussi sur l’héritage de DC), il y a le fait qu’une partie des designs de ces Dark Knights, les conditions de leur arrivée et leur côté nihiliste/gothique fait que là, pour le coup, les deux auteurs poussent un peu. Le « Batman who laughs » a un air de famille ultra-prononcé avec le Judge Death (ennemi de Judge Dredd) et par extension une partie de ces Dark Knights ressemblent aux alliés de Death, les Dark Judges. A la base, il n’y a pas de mauvaise ou de bonne idée. Un auteur inspiré peut donner de l’âme à un concept basique. Un collègue moins doué n’arrivera pas à bien présenter une intrigue pourtant plus novatrice. Mais pour le coup, si les Dark Knights sont vraiment les grands méchants de Metal (il n’est pas dit qu’ils le soient, il reste de la place pour d’autres choses) alors là on aurait un problème après quatre numéros (en comptant les prologues) hyper-prometteurs qui ne déboucheraient que sur du déjà-vu. Espérons que Dark Nights: Metal #3 arrivera à dégager des spécificités. Parce si tous les efforts ne débouchaient que sur une fusion Forever Evil/Judge Death, tout cela tomberait à plat. Clairement la fraicheur (ou son absence) du crossover va se jouer dans le numéro à venir.

[Xavier Fournier]
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