Avant-Première VO: Review Unworthy Thor #4

« Odinson », le « Thor Indigne », s’est finalement repris lors des précédents numéros. Après s’être laissé aller, il est bien déterminé à mettre la main sur un autre marteau tombé des cieux, celui qui appartenait à l’Ultimate Thor. Mais il y a de la concurrence dans l’air. Le Collector veut lui aussi cette arme. Et au cas où cela ne serait pas suffisant, les émissaires de Thanos aussi sont sur les rangs…

Unworthy Thor #4 [Marvel Comics]
Scénario de Jason Aaron
Dessins d’Olivier Coipel, Frazer Irving, Esad Ribic, Russell Dauterman
Parution aux USA le 8 février 2017

Unworthy Thor #4 totalise quatre dessinateurs aux styles très différents les uns des autres. En temps normal, ce serait un exercice carrément casse-gueule mais le scénariste Jason Aaron dispose d’un outil déjà utilisé sur Thor: God of Thunder ou sur Mighty Thor (en particulier l’épisode avec l’origine secrète du marteau). Il réparti ses strates narratives selon les artistes. Si Olivier Coipel reste aux manettes en ce qui concerne l’action dans le présent, Irving, Ribic et Dauterman illustrent trois époques différentes de la vie du fils d’Odin. Et en soi-même, c’est un autre exercice casse-gueule, bien souvent c’est l’occasion où l’on réalise que les auteurs gagnent du temps. Sauf que. L’histoire ne fait pas qu’épargner quelques pages à Olivier Coipel. Au contraire elle reconstruit son intrigue en démontrant que ce Thor indigne n’est pas simplement à la recherche d’un nouveau marteau mystique, qu’il lui faut combler un besoin plus profond, la sensation de ne pas être à la hauteur, de ne pas l’avoir été et ceci depuis des siècles. Avec ces vignettes, Aaron déplace le curseur. On n’est plus dans la quête d’un objet (même s’il reste assurément un enjeu) mais dans un vide plus profond, qu’il faut combler, un doute qui a rongé Thor tout ce temps : qu’est-ce qu’être digne ? Et plus ce vide se creuse, plus la victoire prend sens.

« It took me many years to be worthy of Mjolnir. Many years and many dragons »

Parmi les différents dessinateurs, on sent un Olivier Coipel sans doute un peu plus pressé, obligé d’oublier les décors dans de nombreuses cases, au bénéfice des explosions et de la poussière. Mais dans le même temps il se réapproprie Thor (c’est d’autant plus notable dans les dernières pages), dépasse la norme qu’il avait lui-même établi dans la décennie écoulée, avec sa première relance du Dieu du Tonnerre. Si Frazer Irving et Russell Dauterman sont fidèles à leurs fondamentaux, Esad Ribic trouve ici une tonalité presque « moebiusienne ». L’histoire reste en un sens prévisible mais puissante (Et l’on attend toujours de voir ce que nous préparent Thanos et The Unseen). Dans une saga comme celle-ci, on sait qu’à un moment où à un autre résonnera le tonnerre. Et au bout du compte on a le frisson nécessaire, l’impression de l’entendre au loin, quand bien même tout cela se passe sur du papier.

[Xavier Fournier]
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