Le complexe du Suicide Squad est attaqué… de l’intérieur. L’essentiel des occupants du batiment a perdu la raison, basculant dans la folie en raison d’ondes chaotiques qui semblent émises depuis la Phantom Zone. Le sort de l’organisation repose sur Harley Quinn qui, ne faisant jamais rien comme tout le monde, est devenue saine d’esprit.

Avant-Première VO: Review Suicide Squad #7Suicide Squad #7 [DC Comics]
Scénario de Rob Williams
Dessins de Christian Ward
Parution aux USA le mercredi 30 novembre 2016

Cela fait pratiquement depuis 2011 que le Suicide Squad est devenu, d’une certaine manière, « Harley Quinn and the Suicide Squad », DC Comics voulant booster la popularité du titre et de l’équipe. Dans une configuration où le Suicide Squad a perdu l’esprit et où il ne doit en rester qu’un(e) pour sauver la mise aux autres, il n’est donc pas très étonnant que ce soit Harley Quinn qui s’y colle. En clair, on est un peu dans le registre d’une inversion façon Axis de Marvel. Les gens de raison deviennent des fous furieux tandis que l’hystérique adopte un comportement plus cohérent. La question qui pourrait se poser, d’une certaine manière, c’est de savoir si une Harley saine d’esprit peut être aussi intéressante. Mais d’une part c’est un peu plus compliqué que ça : les gens ne sont pas simplement « inversés », ils cèdent à leurs envies les plus profondes. Et Rob Williams a construit depuis le debut son approche d’Harley sur le fait qu’au fond d’elle-même elle se voyait comme une héroine. D’autre part, quand bien même Harley Quinn est en évidence dans l’épisode, elle est aussi une observatrice, un point de vue qui ne cesse de dianostiquer les agissements de ses co-équipiers. Bien qu’au premier degré ce soit surtout un épisode de castagne, au second degré il s’agit bien de cataloguer les envies des uns et des autres. Si l’idée est intéressante, à ce petit jeu les personnages ne sont pas tous gagnants au même niveau. Il suffit d’une page pour faire avancer les situations de Killer Croc et Julie Moone, avec sans doute des retombées à venir dans la dynamique du groupe. A l’inverse, bonne ou folle, Katana reste une sorte de gadget qui fait le service minimum en termes de dialogue. Episode après épisode, son épée a presque plus de personnalité qu’elle et Williams serait bien inspiré, à un moment, de s’occuper réellement d’elle.

« We don’t have time for happiness, Quinn ! »

L’épisode principal est une fois de plus dessiné par Jim Lee, qui continue une présence très régulière mais sans doute, si l’on y regarde bien, moins inspirée que sur certains projets précédents. Lee met en effet le paquet sur les personnages principaux mais ne s’encombre pas des « figurants » et si l’on porte un peu attention aux autres détenus et aux gardiens de la prison, au second plan, bien souvent ce sont des « paquets » dont l’anatomie n’est pas très cohérente. Cette « économie » du dessin fonctionne cependant, puisque les protagonistes principaux font le show. En « back-up », Rob Williams et Christian Ward s’intéressent à l’Enchantress, dans un segment finalement plus intimiste qu’on pourrait le croire. Pourquoi et comment l’Enchantress n’échappe pas à Waller aussi facilement qu’elle pouvait le faire dans la version ciné ? Pour le coup, Rob Williams a la réponse : il la traite comme un personnage et non pas comme un gimmick. Au final la chose qui occupera les avis sera sans doute un certain retour dans ce numéro. S’il est certain que bien des lecteurs attentaient cette réapparition, il faut quand même dire que Williams s’y prend assez bien et qu’ils seront certainement peu nombreux à avoir anticipé le « comment » des choses. Reste un personnage finalement assez passif (à part une brève mention au début) : le Général Zod, dans ce chaos ambiant, n’est guère utilisé. Alors qu’on serait curieux de voir ce que donnerait un Zod « inversé ».

[Xavier Fournier]