Avant-Première VO: Review Rom #14

Rom #14

La série Rom d’IDW s’achève déjà en promettant un « nouveau Rom » émergeant de cet ultime numéro. En fait il faut le prendre au figuré. C’est bien le même héros qui se découvre un enjeu plus important. Ce qu’il pensait être le « boss de niveau » des Dire Wraiths cache en effet une menace plus grosse encore… Qui nécessitera la coopération d’autres personnages de l’univers Hasbro/IDW.

Rom #14Rom #14 [IDW]
Scénario de Christos Gage & Chris Ryall
Dessins de David Messina & Guy Dorian, Sr.
Parution aux USA le mercredi 1er novembre 2017

Après des mois de recherches, Rom et Livia confrontent enfin Scylla, ce qui semble être un peu la « reine-mère » des Dire Wraiths, avant de comprendre que leur mission est finalement plus massive qu’ils le pensaient. Tout cela mène finalement une fin assez abrupte pour la série, débouchant sur l’annonce d’un titre commun Rom & The Micronauts d’ici quelques semaines. Réunir Rom et les Micronauts, tous les deux transfuges d’un passé éditorial chez Marvel, il y a de quoi réjouir les fans de longue date mais on a bien la sensation que c’est un cache-misère et qu’il s’agit plutôt de faire de deux titres un seul pour limiter la casse tout en continuant de faire vivre les deux licences. C’est peu de dire qu’après des années d’attente nous avons été passablement surpris du côté « expédié » des premiers épisodes du Rom d’IDW l’an dernier. Pourtant il y a des bases, qui ne tiennent pas entièrement à la nostalgie de l’ancienne série Marvel de celui qui était alors un « Chevalier de l’espace ». Vu qu’une partie du folklore (Galador, le reste des Spaceknights et même le look des « Dire Wraiths ») développé par Bill Mantlo à l’époque est inutilisable pour des questions de droit, Christos Gage et Chris Ryall ont dû réinventer la poudre à coups d’équivalences et de termes liés au jouet d’origine mais qui n’avaient pas trouvé leur place dans les comics jusqu’ici. Au lieu du terme Spaceknights réservé par Marvel, on a donc le Solstar Order. Et tout lecteur de Rom de longue date aura reconnu, au-delà des apparences, des remplaçants de Terminator et Starshine dans les nouvelles figures d’Orphion et Livia. Dans l’idée, c’était plutôt bien pensé.

« I believe THIS is the final confrontation… »

C’est l’exécution qui aura considérablement plombé cette série. Un artiste comme David Messina a ainsi produit des pages très en dessous de son niveau habituel et tout cela laisse à penser une précipitation dans les coulisses, un problème de délai peut-être dû à la lourdeur des validations ou quelque chose de cet ordre. Une back-up dessinée par Guy Dorian dans un style plus old school est venue en renfort tandis qu’au fil des mois l’armure de Rom était subtilement revue et corrigée pour se rapprocher du profil classique. Mais l’impression qui demeure c’est que le Rom d’IDW a souffert d’un manque de préparation. Si tous les épisodes de la série avaient ressemblé aux dernières pages de Messina sur ce numéro, la série aurait pu convaincre beaucoup plus facilement. Au lieu de cela, elle s’est retrouvée à s’adresser à un public nostalgique qui voulait plutôt du Galador tout en leur proposant du Elonia. L’éditorial de Chris Ryall le reconnait d’ailleurs à mots couverts. Rétrospectivement, ce qu’il aurait fallu pour imposer Rom, c’est peut-être passer par une anthologie façon Spirit: The New Adventures ou Batman: Black & White, où plein d’auteurs différents auraient pu, rapidement, pousser le concept à leur manière (quelques one-shots semblent se profiler mais le contenu reste flou). A moins d’imaginer des projets transversaux qui pourraient venir d’ailleurs (après tout Glénat est bien partenaire d’IDW pour des albums « Original Graphic Novel », encore que faire des projets sous licence n’aurait peut-être pas de sens dans ce contexte). On reconnaitra à l’opiniâtreté de Chris Ryall d’avoir tiré son héros d’enfance de l’oubli, de l’avoir ressorti. Mais pour le rendre viable sur le long terme (et en l’absence d’un projet avancé de film qui mettrait un coup de projo médiatique), il faudrait une vraie supervision artistique et un petit grain de folie qu’IDW n’a pas encore su trouver. Rien n’interdit de d’espérer que Rom & The Micronauts pourrait être l’objet d’un renouveau. Mais le risque est d’avoir beaucoup de concepts différents dans un seul titre. Ce qui est certain, pour l’instant, c’est que l’ère solo de Rom se termine, au moins pour un temps.

[Xavier Fournier]
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