Les monstres sont dans la ville ! Et plus exactement l’univers Marvel est sous la menace d’une véritable pluie de kaiju, monstres géants venus de l’espace pour une raison inconnue et qui commencent à ravager la Terre sans attendre. Tandis que l’ensemble des super-héros tentent de résister, les monstres « Marvel » des années 50/60, façon Fin Fang Foom, ont aussi leur mot à dire

Monsters Unleashed #1 [Marvel Comics]
Scénario de Cullen Bunn
Dessins de Steve McNiven
Parution aux USA le mercredi 18 janvier 2017

Une pluie de météorites sans précédent dépose sur Terre de grands monstres venus d’ailleurs… D’emblée, Cullen Bunn joue une carte dynamique. Les enjeux sont posés en quelques cases et, franchement, on se distingue de la recette-type de l’event Marvel, c’est à dire qu’on ne perd pas un premier épisode avant de comprendre vaguement ce qu’est la menace, avec les héros A réalisant la chose sur le deuxième numéro et les héros B s’opposant à eux la fois suivante pour savoir quelle méthode est la bonne. Non, là, les choses sont beaucoup plus directes. Les monstres attaquent et les héros rappliquent sans attendre puisqu’après tout ils sont les héros. Cullen Bunn et Steve McNiven utilisent une distribution plus large que d’habitude. Tout personnage Marvel peut être potentiellement concerné, qu’on parle de Ms. Marvel, de Captain America ou de la nouvelle Moon Girl… Sans oublier un personnage bien à sa place pour chasser des monstres. C’est plaisant parce que d’un côté c’est écrit de façon très raccord avec l’actualité récente des titres (c’est bien le line-up nouveau des Avengers, tout Black Panther fait suite au dernier épisode de sa série). Mais dans le même temps c’est fait de manière à ce que si vous ne suivez pas l’actualité des titres Marvel, vous n’avez pas à chercher un prélude ou quarante épisodes antérieurs.

« And I bloody well want a front row seat. »

Marvel n’a sans doute pas l’ambition, avec Monsters Unleashed, d’arriver à un crossover global de première importance commerciale, façon Civil War ou Secret Wars. C’est plus un évènement « régional », dont l’intention est surtout de remettre au goût du jour des créations de Jack Kirby, Steve Ditko, Stan Lee et d’autres, publiées pour la plupart avant la parution de Fantastic Four #1. Ces dernières années, Fin Fang Foom et les autres monstres géants ont surtout été utilisés dans des récits comiques où comme des seconds couteaux, des adversaires battus en l’espace d’une ou deux scènes. Seulement… quand vous réalisez le succès récent d’une créature comme Groot, on comprend que Marvel réalise soudain avoir tout un vivier de personnages similaires qui vaut de les entretenir. Fans des vieilles histoires des sixties, ne vous emballez pourtant pas. Dans ce premier épisode, il s’agit surtout de nous montrer une nouvelle génération de monstres, les kaiju qui attaquent. Les bestioles classiques sont gardées pour la fin. Steve McNiven dessine les nouveaux monstres plus dans l’idée d’un Cloverfield. Par contre, même si les monstres attendus se font attendre, il y a une vraie énergie, quelque chose de sympathique à ne pas voir seulement débouler les « usual suspects » façon X-Men/Avengers/Inhumans. Ce qui accentue encore l’impression d’originalité. Un démarrage simple et efficace, qui ne prend pas pour ce qu’il n’est pas et qui cultive une certaine fraicheur.

[Xavier Fournier]