Avant-Première VO: Review Hawkman: Found #1

Hawkman: Found #1

Sorte de « numéro miroir » par rapport à Batman: Lost, Hawkman: Found nous informe de ce qu’il est advenu du héros ailé dans le cadre du crossover Dark Nights: Metal. Lui aussi, comme Bruce Wayne, est piégé dans un monde où tout se mélange entre réalité et fiction. Si Jeff Lemire cultive moins la dimension intime que Snyder, Tynion et Williamson, il donne au personnage un calvaire digne de Sisyphe, mis en image par Bryan Hitch et Kevin Nowlan.

Hawkman: Found #1Hawkman: Found #1 [DC Comics]
Scénario de Jeff Lemire
Dessins de Bryan Hitch
Parution aux USA le mercredi 27 décembre 2017

Décidément la période est propice à la réincarnation de personnages liés à la symbolique de l’oiseau. Alors que Phoenix fait son retour chez Marvel, DC Comics est lancé dans un tour de passe-passe qui a d’abord consisté à tuer le Hawkman extra-terrestre (celui de Thanagar) pour mieux mettre en scène le retour de son homologue (le Hawkman lié à l’Egypte antique) dans les épisodes récents de Metal. Vu que la tendance est au retour plus ou moins marqué des membres de la Justice Society (Johnny Thunder dans DC Universe Rebirth, Jay Garrick dans The Button, le Doctor Fate originel dans Blue Beetle, Kendra dans All-Star Batman et sans doute quelques autres à venir), il n’est pas très étonnant que le Hawkman « canal historique » soit de retour dans l’univers DC façon Rebirth. Ce qui l’est plus, c’est qu’Hawkman soit désormais présenté comme un véritable pendant de Batman, un détective lui aussi lié à un totem ancien et qui, avant tout le monde, avait levé le voile du Dark Multiverse. Comme Batman: Lost, ce one-shot nous montre Carter Hall dans une sorte de prison infernale, constituée d’illusions. Mais la notion de temps y est différente. Là où Bruce Wayne voyait passer les années, se pensait grand-père, la torture d’Hawkman est de vivre une sorte de jour sans fin, de se rêver volant mais finalement obligé de (re)gravir une montagne. Il y a quelque chose qui tient du mythe de Sisyphe mais, au-delà de ce que peut nous en dire la mythologie, Jeff Lemire lorgne allégrement sur une logique à la Albert Camus. Hawkman est plongé dans un cycle d’autant plus infernal qu’il est absurde. C’est sans doute la façon adéquate pour piéger un être qui se réincarne sans cesse.

« Each night I dream I am a bird. »

Mais la symétrie avec Batman: Lost fait que là où Bruce Wayne reprenait le dessus Carter Hall, lui, se perd dans ces illusions. Qui plus est le récent numéro de Metal nous a déjà un peu dit ce qu’il en était. Tout effet de surprise qu’on voudrait nous ménager est donc largement émoussé. Autant le numéro commence comme une sorte de décryptage de la mentalité d’Hawkman, autant la fin fait que l’on retombe sur les règles d’un crossover. Le sentiment d’élévation cède donc la place à quelque chose de plus cadré. Reste alors, pour animer ce numéro, une équipe visuelle assez atypique : d’un côté le dessinateur Bryan Hitch, de l’autre l’encreur (et par ailleurs dessinateur sur d’autres projets) Kevin Nowlan. Les deux styles s’ajoutent au point de rajouter au dessin de Hitch certaines matières qui lui sont peu communes. Lecture agréable, Hawkman: Found est handicapé par sa conclusion abrupte. On aurait aimé que ce numéro spécial soit en parti utilisé à mettre en place une possible série à venir mais l’épisode reste entièrement au service du crossover.

[Xavier Fournier]
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