Avant-Première VO: Review Defenders #3

Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist font désormais équipe pour la même enquête. Si certains pourraient croire que le nouveau comic-book des Defenders est du taillé sur mesure en prévision de la prochaine série TV de Marvel sur Netflix, c’est au contraire le point culminant d’idées disséminées par Brian Michael Bendis ces 15 dernières années. Mais il est certain qu’ajouter en prime une apparition du Punisher permet de faire d’une pierre deux coups.

Defenders #3 [Marvel Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de David Marquez
Parution aux USA le mercredi 12 juillet 2017

Les Defenders sont-ils un produit pensé en prévision de la très proche série TV sur Netflix ? Si l’on peut comprendre que l’on se pose la question, la situation est l’exact contraire des apparences. En 2001, alors que Brian Michael Bendis et Michael Gaydos créent le personnage de Jessica Jones, ils la connectent dès son premier épisode à Luke Cage. Ce dernier et Iron Fist sont déjà amis de Daredevil depuis le passage de Frank Miller sur la série du héros en rouge. Entre 2001 et 2003, Bendis a aussi utilisé Jessica comme enquêteuse pour les besoins de la firme Murdock… dans des épisodes où rodaient Luke et Danny. Bref, cela fait un bail que Bendis anime ce noyau de personnages, par la suite utilisé parmi les rangs de ses New Avengers. Leur alliance est naturelle. Tout au plus pour une partie des lecteurs cela peut sembler un revival de l’équipe des Marvel Knights qui ne dit pas son nom. Mais DD, Luke et Danny sont, à des degrés divers, d’anciens membres des Defenders des 70’s. Si rien n’empêche qu’un de ces quatre Doctor Strange ou Hulk viennent faire un petit tout par là, on a ici une nouvelle sorte de « non-équipe » dont la gestation ne vient très certainement pas de nulle part…

« Did you just splash me with acid? »

Bien décidé à occuper la place de parrain de la pègre, Diamondback (l’ennemi classique de Luke Cage, pas l’ex-girlfriend de Captain America) a entrepris de « nettoyer les rues » en voulant éliminer les super-héros spécialisés dans le « street level ». Si Daredevil, Iron Fist, Jessica Jones et Luke Cage occupent le centre des préoccupations du gangster, ses actions déséquilibrent aussi le rapport de force, générant des réactions de la part de personnages aussi divers que le Punisher ou Black Cat. Si l’on peut penser que l’idée d’utiliser Frank Castle n’est pas étrangère au fait que l’on est à quelques jours de voir débouler les bandes annonces des nouvelles séries Netflix, Bendis montre là aussi qu’il n’est pas en service commandé, venant greffer là-dessus tout le travail qu’il a fait sur Black Cat ces derniers temps dans les pages de Spider-Man. On notera aussi la redéfinition de Diamondback, personnage pas bien fameux dans les 70’s, qui ressemblait plutôt à une carricature gênante. Les auteurs auraient pu se contenter de se baser sur ce qui a été fait sur le petit écran mais ils empruntent un autre chemin. Si le personnage, vestimentairement, peut paraître échappé d’un épisode de Starsky & Hutch, sa férocité a été bien établie dans ces derniers épisodes. « Naturel » est vraiment le maître-mot de ce projet. On comprendra bien que Marvel n’a pas choisi de sortir cette série à ce moment-là par hasard. Mais l’équipe créative ne cède pas à la tendance. Sur les Defenders, Bendis et Marquez sont bien plus à l’aise que sur Invincible Iron Man et carrément plus efficaces que sur Civil War II. Loin de récits un peu trop globaux, Bendis collectionne ici des personnages dont il « parle la langue » pratiquement depuis son arrivée chez Marvel (même si clairement Iron Fist a moins de temps de parole que les autres). Bendis n’a pas que des amis, mais là pour le coup il continue d’animer et donner vie à des héros que bien d’autres considéraient comme périmés ou inutilisables.

[Xavier Fournier]
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