Tandis que le sort de Captain America/Steve Rogers attire l’attention du lectorat, ce numéro, assez dense finalement, nous renseigne aussi bien sur l’avancée du plan du vengeur étoilé que sur la progression du Red Skull, avec quelques quests qui s’invitent

Avant-Première VO: Review Captain America: Steve Rogers #7Captain America: Steve Rogers #7 [Marvel Comics]
Scénario de Nick Spencer
Dessins de Jesus Saiz
Parution aux USA le mercredi 9 novembre 2016

Vous pensiez que le Red Skull n’avait pas d’autres préoccupations que les Avengers ou Captain America ? Faux : le voici lancé dans une propagation fasciste à travers les continents, encourageant ses fanatiques à livrer ses guerres pour lui mais… marquant des points (en particulier en Sokovia), tandis que les autorités en place, elles, sont figées dans leur immobilisme. En fait cette histoire de gouvernement sokovien tyrannique, où une organisation terroriste débarque sous couvert de « libérer » la population est une parabole de tout autre chose que l’Europe de l’Est (ou la Sokovia est supposée se trouver). Nick Spencer commente une nouvelle fois l’actualité internationale ou, à défaut de prendre position, la reflète dans son scénario. L’approche de Spencer est plus fine que pourrait le laisser croire ce résumé, forcément. Son angle est de montrer que la diplomatie se transforme vite en palabre et que dans l’inaction, le Mal trouve l’occasion pour s’installer. Dans cette montée en puissance, Spencer trouve aussi le moyen de ménager les liens de Steve Rogers avec le reste de l’univers Marvel, non plus pour jongler avec Civil War II mais pour jouer, cette fois, avec le SHIELD aussi bien qu’avec Black Widow.

« We cannot allow fascism to return to power in the western world. »

Jesus Saiz est en grande forme, peut-être parce que l’épisode lui permet des ambiances et des chorégraphies assez différentes. On passe de la discussion tranquille entre Cap et son allié aux propos incantatoires du Red Skull, à une scène plus branchée action avec Black Widow, sans oublier les flashbacks et surtout les passages « militarisés ». Sur les flashbacks programmés, on reste encore surpris de voir apparaître certains personnages à une date où ils ne sont pas supposés être nés. C’est bien sur le fruit de la « programmation ». Mais dans le même temps on se demande comment la victime de cette programmation arrive à remettre ça sous une forme logique dans son cerveau. Se pose aussi la question, à partir de ce numéro, de savoir si d’autres partagent les mêmes « souvenirs ». Dans tous les cas, l’histoire n’arrête pas de produire de nouvelles couches, de nouvelles complexités et on est curieux de voir de quel côté les dominos vont tomber…

[Xavier Fournier]