Cable passe le cap du 150ème numéro en s’offrant une nouvelle équipe créative et… une nouvelle équipe tout court puisque le voyageur du temps recrute Longshot, Shatterstar et Doop (plus quelques autres à venir) pour mener l’enquête à travers le temps et éclaircir un point de continuité qui remonte aux années 90. Qui étaient vraiment les X-Ternals et qui les a éliminés ? Et est-ce que la notion d’éliminer a encore du sens quand on parle d’immortels et de voyages dans le temps ?

Cable #150Cable #150 [Marvel Comics]
Scénario d’Ed Brisson
Dessins de Jon Malin
Parution aux USA le mercredi 18 octobre 2017

Préférez-vous votre viande saignante ou bien cuite ? Allez, élargissons le cercle aux amis végétariens… Vous préférez vos légumes en salade ou bien grillés ? Car cette nouvelle direction de Cable va s’avérer clivante. Il y aura clairement ceux qui vont se reconnaître dans le délire et ceux pour qui cela va passer très à côté. Après un arc de démarrage lancé par James Robinson et Carlos Pacheco qui gardera un goût de minisérie, Cable arrive à l’ère Marvel Legacy avec de nouveaux auteurs bien décidés à tenir la promesse tacite de l’éditeur dans l’après Secret Empire : renouer avec les racines du passé. Cela tombe bien pour Cable puisque nous parlons d’un mutant équipé d’une technologie qui lui permet de voyager dans le temps. Mais le passé de Cable, ce n’est pas le Golden Age ou les années soixante. C’est plutôt les années 90. Ed Brisson en profite donc pour retrouver une storyline qui avait été plutôt vite expédiée à l’époque, à savoir l’apparition puis la fin rapide des X-Ternals (sorte de clan Highlander appliqué aux mutants), qui avait confusément semblés être exterminés par Selene sans qu’on s’encombre du pourquoi et du comment. On ne sait pas trop pourquoi d’un coup la question taraude Cable mais il remonte le temps pour éclaircir la question, tout en recrutant quelques mutants qui sont bien souvent des laissés pour compte des équipes actuelles de X-Men. Imaginez quelque chose à la Ocean Eleven ou le début d’un énième Fast & Furious, quand les héros « reforment le gang »…

« The Street Scorpion found you! »

Aux dessins on retrouve Jon Malin, l’artiste qui, en quelques pages, a torpillé la récente relance des Thunderbolts. Après, il faut bien constater que sur un personnage marqué par l’empreinte de son créateur Rob Liefeld et dans un arc qui compte bien refléter ce qui se faisait en matière de mutants dans les années 90, Malin est ici plus à son aise. Il fonctionne beaucoup mieux avec le cadre. Encore que, comme on le disait en ouverture, cela se résume à une question clivante de « cru/cuit ». Si vous gardez un souvenir façon madeleine de Proust des années 90, si vous trouvez que tout n’a pas été dit à l’époque et certaines choses trop vite expédiées (les X-Ternals) méritent de revenir sur le devant de la scène, si vous aimez Longshot ou Shatterstar dans sa version « X-Force », alors assurément cette nouvelle mouture de Cable et de ce clan qu’il prépare (bizarrement en gardant les personnages féminins pour la fin) c’est pour vous. Si les années 90 au contraire vous laissent un goût amer avec leurs armes grandes comme des voitures, leur surplus de ceintures à munition et de poche sans utilités, si vous n’étiez que trop heureux d’être débarrassé de concepts dont même les créateurs d’origine ne savaient pas quoi faire à l’époque, alors clairement la nostalgie n’opérera pas sur vous.

[Xavier Fournier]