Spider-Man gère le contre-coup des retombées de Clone Conspiracy et de Secret Empire. C’est à dire qu’il paie pour les conséquences de ses décisions mais que tous les salariés de Parker Industries sont, eux aussi, concernés au premier chef. Et ils ne sont pas les seuls à en « avoir gros » envers leur patron. Human Torch est furieux pour une promesse non tenue tandis que Clash continue d’incarner les retombées des actions de Peter et de Spider-Man.

Amazing Spider-Man #790Amazing Spider-Man #790 [Marvel Comics]
Scénario de Dan Slott & Christos Gage
Dessins de Stuart Immonen
Parution aux USA le mercredi 25 octobre 2017

Après des décisions nécessaires et incontournables, Peter Parker a mis à mal la réputation de sa multinationale. Il a lui-même détruit les principaux aspects de sa technologie et rompu le lien de confiance qui existait avec sa clientèle. Ce n’est pas vraiment comme s’il pouvait espérer lancer un nouveau produit. Tout s’arrête et il faut donc… renvoyer tout le monde, pratiquement personne ne prenant en compte que Parker a en quelque sorte sauvé le monde libre. D’ailleurs il est assez intéressant de rapprocher ces scènes d’un « bon patron » obligé à contrecœur de se séparer de ses employés avec ce que faisait Tom De Falco à l’écriture d’Amazing Spider-Man à la fin des 90’s, quand le scénariste mettait en scène un plan social à l’intérieur du Daily Bugle, quand c’était Parker l’employé à qui l’on disait au revoir. Amazing Spider-Man #790 pourrait presque nous sembler être le contre-pied de ces passages. Ici c’est le personnel qui ne comprend pas l’intérêt général et quelques esprits chagrins pourraient prêter à ce numéro un message libéral un peu surprenant si ce n’était de la présence de Clash.

« As if he hasn’t screwed me over enough ! »

Car si Human Torch est là pour jouer les guest-stars, Clash, sorte de copie du Shocker, trouve avec le temps une légitimé de plus en plus grande dans la série. Peu importe ses aptitudes, il est surtout un miroir de Parker/Spidey, un type qui serait un peu le contre-coup des décisions du héros, toujours sacrifié, spolié et finalement poussé du mauvais côté parce qu’on lui retire les autres options. Même si le mode d’opération est clairement différent, il y a beaucoup de choses en commun entre Clash (là où il en est maintenant) et le Vautour de Spider-Man: Homecoming. Sacrifiés par la société, les deux hommes tentent de s’en tirer comme ils le peuvent, tout en conservant un semblant de code d’honneur. Clash n’est sans doute parmi les adversaires les plus imposants de la série mais il a son utilité. Plus Clash s’enfonce et plus Spider-Man a des raisons de se sentir responsable. Potentiellement, cependant, pour l’ère Legacy, c’est sans doute un certain coup de téléphone qui va être déterminant pour l’avenir de Peter. En tout cas ceux qui étaient allergiques au Parker en mode « Tony Stark » peuvent revenir, on est en train de passer à autre chose. Et ceux qui ne détestaient pas la phase « industrielle » du héros peuvent se rassurer, si les jobs changent, la tonalité de Slott reste… A noter que si Stuart Immonen dessine toujours la série avec brio, sa narration est cette fois un peu plus neutre…

[Xavier Fournier]