Peter Parker est maintenant convaincu qu’il se passe quelque chose de pas net du côté de « New U ». Mais il décide de ne pas aborder la chose frontalement. Avant que Spider-Man s’en mêle directement, il va envoyer en éclaireur le Prowler, l’occasion d’un épisode centré sur les méthodes et le positionnement d’Hobie Brown. On n’est pas encore véritablement dans Dead No More mais les choses commencent déjà à s’accélérer.

Avant-Première VO: Review Amazing Spider-Man #17Amazing Spider-Man #17 [Marvel Comics]
Scénario de Dan Slott
Dessins de R.B. Silva
Parution aux USA le mercredi 31 août 2016

Hobie Brown, alias le Prowler, est le Spider-Man de remplacement que Peter Parker s’est trouvé pour détourner les soupçons tandis que lui-même se déplace à travers le monde. Mais c’est aussi un homme de confiance, à qui Parker peut déléguer certaines choses. Ce qui tombe à pic car il a besoin que le Prowler fasse une petite enquête pour lui. Dan Slott donne ici un rôle central à ce personnage injustement sous-estimé de la « spider-famille », en nous montrant déjà en quoi, dans les premières pages, Brown n’est pas Parker et a du mal à se comporter naturellement comme lui quand il est dans le costume. Sa gestion des « blagues », sa façon de protéger son identité secrète, tout cela fait qu’on suit un type obligé d’apprendre à être Spider-Man alors que lui préfère plutôt rester en retrait, au second plan. Il y aussi tout un dialogue entre Parker et Brown qui nous en apprend plus sur leur manière de gérer leur relation et sur les compromis que le Prowler est prêt ou pas à accorder. Slott et Silva nous amènent rapidement à voir en quoi un héros qui a des méthodes, un entraînement et un équipement de voleur peut penser différemment de Spider-Man, peut être à la traîne sur certains sujets mais au contraire bien plus « technicien » que Parker sur des méthodes d’infiltration. Assez vite, pourtant, l’épisode fait penser à la tonalité de Countdown to Infinite Crisis, avec sa mise en avant de Blue Beetle avant qu’il lui arrive quelques désagréments. Ici, c’est quand même un peu plus complexe que cela, avec des conséquences non moins captivantes.

« I don’t think you understand… we’re the good guys. »

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Parker n’intervient que de loin dans cet épisode et, profitant de la place gagnée, on en voit plus sur le Jackal et ses alliés, à commencer par la nouvelle Electro (comme le montre la couverture), mise en place d’une façon bien plus naturelle que l’on pouvait le croire. Spécialiste du clonage, le Jackal a mis en place une sorte de chantage assez au point qui fait que les uns et les autres le suivent pour sauver des êtres chers ou, comme on le voit dans cet épisode, se sauver eux-mêmes puisque New U a son petit prix. Mais il y a aussi l’amorce de quelque chose d’autre, d’une motivation mystérieuse, qui fait que le Jackal n’a pas forcément besoin de faire chanter les gens pour les convaincre. A partir de là Dead No More proprement dit pourrait partir dans bien des directions… Mais pour l’instant on en est encore à la mise en place des lignes, à voir où vont les fidélités de chacun. Pour l’instant l’épisode est une très bonne remise en place du Prowler (forcément si seul Parker vous intéresse, le numéro est inversement light de ce côté-là, encore que Spider-Man devra jongler avec les retombées), avec une problématique particulière qui invite à des suites. Mode pub on: c’est – peut-être pas tout à fait par hasard – qu’est sorti cette semaine Comic Box #102, avec un article consacré à l’historique du Prowler, si vous avez besoin de réviser vos classiques. En dehors de cette synchronicité, c’est un bon numéro, consacré à un personnage déjà ancien mais pas assez utilisé. Et on se demande sérieusement quel est le « plan » du Jackal pour avoir un tel effet.

[Xavier Fournier]