Cases & parfums: étrange crossover

Parfois, il y a des coups de téléphones pour le moins surprenants. Le mois dernier, Xavier Fournier, mon collègue de Comic Box, et moi-même étions contactés par une « web agency » nommée Heaven. Ces gens nous proposaient de participer à une réunion chez les parfums Thierry Mugler.

Pour ceux (je suis sûr qu’il y en a) qui ne le connaissent pas, Thierry Mugler est un créateur reconnu dont les collections de vêtements restent parmi les plus originales et avant-gardistes (jugez-en par vous même: http://www.thierrymugler.com/).

Outre des collections de haute-couture, il a aussi a son actif des parfums et des accessoires. Bien que je n’ai jamais remarqué avant, quand on y regarde bien, l’inspiration « comic books » y est indéniable.

Vers la fin des années 90, Thierry Mugler lança son premier parfum masculin, A*Men. C’était la première version masculine d »Angel, un succès mondial (et lui destiné à la clientèle féminine). Bien vite, A*Men devint la petite graine d’un univers en soi. Les visuels choisis pour A*Men étaient ouvertement basés sur le super-héros favori de Mugler: le Surfer d’Argent. Personnellement, quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai pensé que le personnage avait plus de choses en commun avec une sorte de version masculine de Void (le personnage métallique des premières années des WildCATS). Apparemment cette seconde ressemblance est due au hasard: Mugler, enfant, lisait principalement des comics Marvel et, en particulier, les aventures du Surfer.

Quoi qu’il en soit, A*Men fut lui aussi un succès et quand vint le moment de créer une nouvelle senteur masculine, Thierry Mugler décida de poursuivre plus avant son concept de super-héros en créant un personnage complémentaire. C’est ainsi qu’on en arriva à B*Men.

Pour notre part, nous, gens de Comic Box, furent invités à une première présentation de ce nouveau produit. Après un film court présentant la carrière du créateur, on nous présentait le nouveau parfum et comment Mugler insistait sur les influences « comics ». B*Men est une autre facette de l’Homme, beau, black et puissant (si seulement j’étais taillé comme ça). Un autre héros de l’univer Mugler était né !

Pour aller au bout de la logique, Thierry Mugler demanda au scénariste Jacques Jouet et au dessinateur Beb-Deum (http://www.be-deum.com/) de donner de la consistance au nouveau super-héros. Ils créerent même un vrai/faux comic book original. Une histoire d’une douzaine de pages destinée à des fins de promotions (et également disponible dans certaines boites « collector » de B*Men).

Même si le comic-book n’égale pas certaines normes du monde des comics (pas de bulles, des dialogues simplistes et un storytelling basique), le simple fait qu’un créateur renommé considère nos bien-aimés comics comme « vecteur » est un événement majeur.

Ca ne fera très certainement pas de mal… Tout spécialement si grâce à ça beaucoup de gens en viennent à réaliser, avec un parfum « pour hommes », que les comics ne sont décidément plus pour les gamins… B*Men devrait sortir mondialement en septembre 2004. Nous verrons alors s’il y a un facteur comparable à « l’effet Spider-Man ».

Il est très probable que de nombreux acheteurs adopteront ce produit pour eux ou (en cas d’acheteuses) pour offrir. Qu’ils soient séduits par l’imagerie « chippendale » ou par l’odeur, ils ne pourront ignorer la référence super-héros. Après les habits inspirés par des mangas, voici la preuve que les super-héros aussi peuvent être « fashion »… Et pas seulement pour porter son slip par dessus ses vêtements.

[Fabrice Sapolsky]