Le week-end dernier se tenait à Aix-en-Provence la première convention French Geek Universe, un rendez-vous dédié à la culture comics avec une approche différente. Jouant la proximité, French Geek Movement, l’association organisatrice, ne visait pas à empiler des chiffres de visiteurs et regroupait de manière plus intime un public de passionnés et de curieux. Intime mais pas hors-sujet ou dénuée de sens. La présence (entre autres) d’un vétéran tel que Joe Rubinstein (encreur mythique de Wolverine, Captain America) était un gage de contenu.

Depuis plusieurs années French Geek Movement anime des coins comics accueillis par des manifestations geeks plus généralistes. L’occasion pour ces passionnés de se cultiver un carnet d’adresse croissant parmi les artistes… et d’évoluer petit à petit vers l’idée d’une manifestation 100% comics basée à Aix-en-Provence, avec des ambitions réalistes. C’est à dire ne pas compter sur des dizaines de milliers de visiteurs (une salle de 400 m2 ne le permet guère) mais envisager un rendez-vous qui serait rentable avec un public plus recentré. Samedi et dimanche dernier, le French Geek Universe devenait une réalité, bien que jonglant avec une difficulté venue compliquer les choses : un week-end de grève des trains, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle quand on lance un rendez-vous public et… que l’on doit jongler avec les aller-retours de guests internationaux.

Pourtant tous les talents attendus étaient là. Joe Rubinstein généreux en anecdotes et en partages, racontait à l’envie comment il s’est retrouvé à encrer Frank Miller ou comment il a aidé Art Adams à démarrer dans le métier. Mais il était également entouré par des talents plus jeunes tels que Robson Rocha (Green Lanterns, Earth 2…), Sergio Davila (Wonder Woman, Conan…), Jorge Fornes (Amazing X-Men) ou le coloriste Alejandro Sanchez Rodriguez (Super Sons) ainsi qu’une palette de jeunes talents français, une partie d’entre eux étant présents sur le stand de l’éditeur Northstar qui, avec quelques concurrents mais néanmoins amis, tenait d’ailleurs une table ronde/conférence sur l’autoédition et la microédition. Avec des cosplayeurs (dont la marseillaise Jill Grayson, alternant entre Black Canary et Zatanna), des activités pour les plus jeunes, des libraires, les créateurs de bijoux de Nous sommes des héros, l’événement attirait un petit public mais, chose étonnante pour ce genre d’exercice, très motivé. C’est à dire qu’on notait peu de visiteurs non sensibilisés. Ils étaient là par intérêt réel et les échanges qui naissaient ainsi n’en n’étaient que renforcés. Une première édition réussie pour le French Geek Universe !

[Xavier Fournier]