[FRENCH] Retour sur le théâtre des opérations européens avec un personnage des séries de guerre de DC Comics qui éveillera sans doute un fort sentiment d’association pour les lecteurs puisqu’il s’agit d’un des rares personnages français du comic field. Dans Star Spangled War Stories #84 (août 1959) Robert Kanigher (prolixe scénariste et surtout éditeur de toute la ligne de comics de guerre de DC Comics) et Jerry Grandenetti créent le personnage de Mademoiselle Marie.

Mademoiselle Marie est une jeune femme habitant la campagne française pendant la seconde guerre mondiale. Son grand-père et son père ont tous deux combattus et lui racontent régulièrement des histoires de guerre.

Dès l’invasion de la France par les nazis, elle rejoint le réseau de résistance que son père à mis sur pied. Mais il est très rapidement abattu dans une escarmouche et c’est Mademoiselle Marie qui prend sa succession. Son réseau prend le maquis et elle développera un sens tactique qui fera merveille dans leur guérilla contre les nazis.

Les aventures de Mademoiselle Marie dureront jusqu’au Spangled War Stories #91 (juin -juillet 1960). En effet dès le numéro suivant la série sera remplacée par ce qui est considéré comme une curiosité dans le monde des comics : War that Time Forgot.

Mais l’un des objectifs du réseau de Mademoiselle Marie est aussi de porter assistance aux opérations des alliés. C’est ainsi que nous la verrons dans d’autres histoires de la continuité super-héroïque de DC Comics avec Sgt. Rock, avec qui elle développa une relation amoureuse, ou The Unknow Soldier qu’elle sera chargé d’exécuter juste après la guerre car il était devenu encombrant pour les services secrets alliés.

Mademoiselle Marie devient en fait un personnage secondaire des aventures des autres héros de guerre de DC Comics qui étaient publiés dans The Brave & the Bold. Sa première réapparition aura lieu dans le #54 (mars 1964). Son ombre planera également sur l’un des personnages de la Batman Family puisque Julie, la fille de feue Mademoiselle Marie, réussira attirer dans un piège les deux présumés meurtriers de sa mère : Alfred Pennyworth (le butler de Batman) et Lucius Fox (administrateur de la Wayne Fondation). Mademoiselle Marie est morte avant la fin de la guerre abattue par un de ses alliés. Sa fille soupçonne qu’il s’agit de l’un des deux hommes. En effet, les deux hommes ont été membres des services secrets et ont connus Mademoiselle Marie pendant leurs missions.

Mais en fait, Mademoiselle Marie a été blessée par un traître se son propre réseau qui l’a laissé pour morte. Elle a en fait été repêchée par deux paysannes françaises qui ont pris soins d’elle. Très affectée par les événements, la jeune résistance se murera dans son mutisme mais donnera naissance à Julie. Mademoiselle Marie étnat ensuite morte en se noyant un peu après son accouchement, elle n’eut pas le temps de révéler à sa fille qu’Alfred Pennyworth était son père. Seule l’un de ses hommes était dans le secret et savait qu’Alfred et Mademoiselle Marie devaient se marier après la guerre. Il informa Alfred de l’existence de Julie et ce dernier s’occupa secrètement de la situation financière de sa fille qui elle restera à tout jamais dans l’ignorance de sa filialtion.

L’histoire de Mademoiselle Marie fera l’objet d’un retconing dans la cadre de la continuité de DC Comics. La série Checkmate vol. 2 montrera que Mademoiselle Marie est un nom de code commun à de nombreuses héroïnes françaises qui ne constituent cependant pas une lignée. La caractéristique principale de toutes les femmes ayant endossée le nom de code de Mademoiselle Marie est qu’elles sont capables de tuer de sang froid et de se sacrifier pour la France. Dans le cadre de cette nouvelle continuité, Mademoiselle Marie se nomme Anaïs Guillot. Elle meurt fusillée par les nazis après une tentative de meurtre sur un Général nazi. Bien entendu, elle n’a jamais eu de fille ni entretenue une relation avec Alfred Pennyworth dans cette continuité.

Les aventures de Mademoiselle Marie ont été publiées en France quasi-exclusivement dans Choc 1ère série par l’éditeur Artima / Arédit. Mais afin d’inciter les lecteurs d’un genre d’histoire à acheter des publications consacrées à d’autres genres il était fréquent qu’Arédit publie une histoire de guerre dans un titre fantastique ou de science-fiction et vice et versa (ce qui rend la tâche du chercheur très compliqué au niveau de la continuité des séries). C’est ainsi qu’une histoire du personnage peut être découverte dans Big Boss 1ère série.

[Jean-Michel Ferragatti]