[FRENCH] Depuis l’apparition de Wonder Man (le premier clone de Superman), tous les fans de comics se sont posé des questions comme : Qui est le plus fort de Superman ou Captain Marvel ? etc. Les éditeurs ont quelquefois surfés sur ce concept et nous allons maintenant voir les réponses que DC Comics donnera à la question : Qui de Superman ou Flash est le plus rapide ?

Initialement, cette question est des plus simples. Dans sa première apparition, il est indiqué que Superman est aussi rapide qu’une locomotive (cf. French Collection #1). A l’inverse, lors de la première apparition de Flash [Jay Garrick] il est indiqué qu’il court tellement vite que l’œil humain ne peut saisir son mouvement. Mais cette situation allait évoluer avec le temps. En effet, si les pouvoirs de Flash [Jay Garrick] allaient rester assez stable, ceux de Superman allait connaître une inflation assez rapide. C’est comme cela que dès la fin du golden age, Superman est censé être plus rapide qu’une balle de revolver (environ Mach 2, soit deux fois la vitesse du son), tour de force qui était au début réservé à Flash [Jay Garrick].

Mais si la question de savoir qui de Superman ou Flash était le plus rapide taraudait certains fans, elle restait bien loin des préoccupations des Editors de DC Comics. Et ceci, jusqu’au début du silver age.
En effet, avec l’avènement de ce deuxième age héroïque (comme préférait l’appeler le Dr. Jerry Bails), les Editors de DC Comics (et notamment le légendaire Julius Schwartz) allait apprendre que des adolescents lisaient leur publication et posait énormément de question au travers de leur lettre. Cela allait conduire à une plus grande continuité au sein de l’univers super-héroïque de DC Comics et à certaines réponses.

La première compétition entre Superman & Flash [Barry Allen] (cette fois) sera publiée dans Superman #199 (1939 Series). Le secrétaire général des Nations Unies demande à Superman & Flash [Barry Allen] de participer à une course afin de récolter des fonds pour leur programme d’aide aux pays sous-développés. Comme les deux participants sont capables de courir à la vitesse de la lumière, les organisateurs ont prévus de leur faire faire le tour du monde quatre fois en passant par des régions reculées.

Clark Kent couvre la course pour le Daily Planet et Iris West pour le Picture News après avoir obtenu une interview de Flash [Barry Allen] sans se douter qu’il s’agit en fait de son fiancée. Mais ce dont ne se doutent pas les coureurs, c’est que deux syndicats du crime ont parié sur leur victoire. Celui des Etats-Unis et celui de l’Europe. Chacun a parié un milliard de dollars contre l’autre. Le syndicat du crime américains a parié sur Superman et l’européen sur Flash [Barry Allen]. Et pour sécuriser son investissement chacun a mis au point un plan visant à faire perdre l’autre favori.

Les règles de la course sont strictes. Interdiction de voler et de dépasser Mach 50. L’adresse doit être le vrai vainqueur. Flash [Barry Allen] traverse l’océan atlantique en courant sur l’eau tandis que Superman nage (ce qu’il faisait déjà dès 1940 dans son comics trips). Devant les obstacles naturels, Flash [Barry Allen] vibre au travers tandis que Superman les traverse ou les escalade. Les différences de chaleur sont par contre défavorables à Flash [Barry Allen].

Lorsqu’ils le peuvent Superman & Flash [Barry Allen] profitent de leur passage pour aider les habitants. Mais plus surprenant, quoi que, ils vont également s’aider l’un l’autre. Superman en soutenant Flash [Barry Allen] lorsqu’il est déséquilibré par une vague et Flash [Barry Allen] en faisant disparaître un morceau de Kryptonite (cf. French Collection #117) projeté par un volcan.

Plus directement, sous son identité de Clark Kent, Superman secouera Flash [Barry Allen] après qu’il est glissé sur un lac gelé. Mais le vrai obstacle va surgir dans le désert du Nevada. Superman va être arrêté par un nuage de Kryptonite rasant déposé par le syndicat du crime européen tandis que Flash [Barry Allen] va s’écraser sur une vitre. Les deux coureurs sont remplacés par des sosies qui portent des bottes à réaction pour donner le change.

Et là, naïveté et comic code oblige, les deux syndicats ne tuent pas leur prisonnier mais les attache juste. A distance, Superman délivrera Flash [Barry Allen] qui viendra ensuite le chercher pour reprendre la course qu’ils finiront exæquo en se tenant la main accueilli par la Justice League of America.

Les lecteurs belges seront les premiers à lire cet épisode en langue française puisqu’il sera publié dès 1968 dans Superman Album n° 6 chez Interpresse. La course aura même les honneurs de la couverture. Ce qui donne lieu à un festival d’erreur de couleur. Supergirl [Kara Zor-El] apparaît tout en rouge, comme les ailes d’Hawkman [Katar Hol], la cote de mail orange d’Aquaman est violette, Martian Manhunter apparaît couleur chair, etc.

Les lecteurs français devront attendre plus de dix ans pour découvrir cet épisode dans l’album Superman contre Flash dans la Collection Présence de l’avenir. Mais contrairement à leurs amis belges ils pourront également lire dans le même album la deuxième course de Superman & Flash [Barry Allen] paru aux USA dans Flash #175 (1959 Series).
Dans cet épisode Rokk & Sorban, deux extraterrestres fous de paris de la planète Ventura que Superman & Batman [Bruce Wayne] avaient affrontés dans World’s Finest Comics #150 (1941 Series), réussissent à déclencher le signal d’urgence de la Justice League of America. Dans le quartier général de l’équipe ils neutralisent les héros et obligent Superman & Flash [Barry Allen] à s’affronter dans une course au travers de la voie lactée. En effet, ils avaient lors de la première course parié l’un contre l’autre sur chaque des coureurs. Le match nul ne les satisfait donc pas et ils obligent, sous la menace de détruire leurs villes respectives, les deux héros à recommencer.

Mais il s’agit en fait d’un piège de deux ennemis de Flash [Barry Allen] destiné à le détruire. Nous reviendrons dans nos deux prochaines chroniques sur les identités de ces deux imposteurs. Aidés par les membres de la Justice League of America les deux adversaires uniront leurs forces pour triompher des deux comploteurs.
Quant au résultat de la course, chaque membre de la Justice League of America a vu un vainqueur différent. Il s’agit donc une nouvelle fois d’un match nul.

Cette tendance au match nul s’explique par la volonté de ne froisser aucun fan et surtout de ne pas dévaloriser la valeur de la star de l’éditeur : Superman.

La dernière course Superman & Flash [Barry Allen] en français sera publiée chez Sagédition dans les numéros 37 & 38 de Superman et Batman & Robin 2ème série qui arbore en couverture l’arrivée et le départ de la course. Cette fois-ci se sont les Guardians of the Universe qui demandent à Superman & Flash [Barry Allen] de se lancer dans une course contre la montre.

Ils ont découverts qu’une forme de vie mécanique nommée Anachronids était en train de perturber l’équilibre de l’univers. Les Anachronids se déplacent plus rapidement que la lumière et de ce fait perturbent le flux temporel causant des anachronismes. C’est ainsi que Jimmy Olsen (cf. French Collection #115) se retrouve propulsé dans le temps et que des hommes du passé prennent sa place. Seuls deux êtres se déplaçant plus rapidement que la lumière en « sens » inverse des Anachronids peuvent espérer maintenir l’équilibre des forces temporelles et trouver une solution.

Cette course s’étend sur les #198 & 199 de World’s Finest Comics (1941 Series) et en plus des aventures de Jimmy Olsen dans le temps l’intrigue englobera également des habitants de la Phantom Zone. Nos deux héros se retrouveront sur une planète doté d’un soleil rouge et Superman perdra ses pouvoirs. Après avoir été assommé il se foulera la cheville tandis que les jambes de Flash [Barry Allen] seront paralysées suite à une longue période d’attachement. Les deux héros finiront leur course en rampant et c’est Flash [Barry Allen] qui réussira à baisser l’interrupteur qui neutralise les Anachronids et sauvera l’univers entier.

Il semblerait donc que Flash [Barry Allen] soit réellement l’homme le plus rapide de l’univers. Ou tout simplement est-il plus habitué à l’adversité et à la difficulté de ne pas être omnipotent ? L’épisode semble privilégier cette hypothèse en sachant que les deux amis finissent la course sans recourir à leurs superpouvoirs. Bien entendu, depuis ce double épisode, d’autres courses ont vues s’affronter Superman & Flash [Barry Allen] mais sans jamais avoir été traduites en français.

[Jean-Michel Ferragatti]