[FRENCH] Cette semaine nous continuons notre exploration des séries récurrentes de l’éditeur DC Comics publiées dans le Petit Format Brûlant 1ère série par l’éditeur nordiste Artima – Arédit avec un cross-over de genre assez surprenant. Star Spangled War Stories (1952 Series) était une anthologie de guerre assez classique qui ne possédait pas de personnage récurrents jusqu’à son numéro 84 (août 1959) et l’arrivée de Mademoiselle Marie (French Collection #72). Mais le succès ne fut sans doute pas au rendez-vous car les aventures de la jeune résistante française s’arrêteront (tout du moins en solo) dans Star Spangled War Stories #91 (1952 Series). Dès le numéro précédent, la couverture affichait lune nouvelle série très surprenante mais pour laquelle les Editors semblaient avoir une forte ambition. Pendant la seconde guerre mondiale, le commandement des forces armées a détecté une activité sismique. La reconnaissance aérienne envoyée sur place à pris des photos d’une île inconnue visiblement tenue par les forces armées japonaises. Une expédition de reconnaissance est envoyée sur place.

Dès leur largage en parachute, les marines américains sont confrontés à un ptérodactyle ! Sur place, ils se rendent compte que les forces armées japonaises ont abandonnées l’île. Le tremblement de terre a en fait ouvert une faille d’où sortent des dinosaures. Ces « Armored Giants » (géants blindés) sont des adversaires formidables pour des équipes de reconnaissance car seules des armes lourdes sont capables en théorie d’en venir à bout. Mais l’ingéniosité des combattants (et les armes laissées sur place par les forces armées japonaises) leur permets malgré tout d’en venir à bout et d’être récupéré par un sous-marin de secours. Mais la dernière image de l’épisode laisse présagé qu’ils n’en ont peut-être pas fini avec les habitants de cette île oubliée du temps (Edgar Rice Burroughs, le père notamment de Tarzan, avait déjà utilisé ce thème dans le roman The Land That Time Forgot).

Cet étrange mélange des genres aura un assez grand (et peut être surprenant) succès. Bien entendu, la suite sera publiée dans Star Spangled War Stories #91 (1952 Series) mais sans qu’un dinosaure n’apparaisse en couverture (au regard des délais de production, la suite du premier épisode avait été commandé sans connaître la réaction du public). Le tremblement de terre n’a pas ouvert qu’une faille sur l’île mais aussi dans les fonds marins et pour le troisième épisode ce sont des hommes-grenouilles qui affrontent des dinosaures marins.

Les confrontations entre les Armored Giants et les forces américaines vont donc se poursuivre mais en changeant en permanence. Premièrement, l’île elle-même sera « déplacée ». Submergée par un tsunami, elle sera ensuite pilonnée par les bombardiers mais ressurgira en permanence, procurant aux forces armées américaines (quel que soit l’arme) un fantastique adversaire. Du coté adverse, nombreux seront les soldats envoyé au dessein ou par hasard. Quelques figures reviendront de temps à autre. Les flying Franks (une fratrie de trois acrobates) qui prendra également le nom de Flying Boots, Mac & Joe (sur lequel nous reviendrons ci-dessous), Suicide Squad (une équipe différente de celle que nous avons vu dans French Collection #97), etc.

Plusieurs équipes se réclamant du Suicide Squad seront vu dans The War That Time Forgot dont Morgan & Mace. Les deux soldats sont forcés de faire équipe mais Bill Morgan déteste en fait Mace qu’il rend responsable de la mort de son frère dans un accident de bobsleigh. Morgan attend la moindre erreur de Mace qui puisse passer pour une désertion pour le tuer. Malgré cela, Mace qui est innocent de la mort de Vic sauvera à plusieurs occasions la vie de Morgan. Le duo se transformera en trio lorsque les deux marines se trouveront à côté d’un œuf de dinosaure sur le point d’éclore. Prenant les deux soldats pour sa mère, Baby Dino (un ptérodactyle) s’attachera à leur pas et les aidera de nombreuses fois. Le trio deviendra même quatuor avec l’arrivé de Caveboy un jeune garçon des cavernes qui chevauchera Baby Dino.

Le même schéma sera utilisé une autre fois (mais cette fois-ci sans mascotte) entre un ancien Sheriff et un jeune bandit qu’il a arrêté sans le tuer. Les deux hommes se retrouvent dans le Suicide Squad et le jeune Wild One veut régler son compte au Sheriff mais finira par lui sauver la vie. Très nombreuses seront également les aventures mettant en scène des fratries (autres que des acrobates) dont les issues seront plus ou moins heureuses. Il faut sans doute y voir l’influence des nombreuses histoires vraies de fratries décimées (ou au contraire s’entraidant) qui ont intégré le « folklore américain » (jusqu’à donner un film comme « Saving Private Ryan »).

Comme nous l’avons déjà indiqué, certaines histoires en plus du cross-over improbable préhistoire / guerre lorgnent également vers d’autres genres. Le genre fantastique sera assez peu présent même si dans un épisode, un marines se transforme en dinosaure et demande à son ami de le tuer pour le faire sortir de cet état. La Science-Fiction sera beaucoup plus présente comme nous l’avons vu avec la création de Joe, plus connu sous le nom de G.I. Robot. Un autre robot pilote éphémère sera également vu mais G.I. Robot reste le robot le plus emblématique de la série. Il affrontera également des menaces de Science-Fiction puisqu’il sera confronté à un robot japonais géant capable de tenir tête aux Armored Giants.

Mais The War That Time Forgot devait rester la vedette de la série et ne pouvait se faire voler la vedette par un simple personnage. C’est pourquoi G.I. Robot (dorénavant rebaptisé Mac) se sacrifiera pour sauver son partenaire. The War That Time Forgot est une création du légendaire Editor de la ligne War Comics de DC Comics : Robert Kanigher. Les épisodes seront majoritairement dessiné par le duo Ross Andru & Mike Esposito. Mais d’autres dessinateurs de la ligne War Comics viendront également faire une incursion comme le grand Gene Colan ou l’incontournable Joe Kubert.

En France, The War That Time Forgot sera l’une des série emblématique du Petit Format Brûlant 1ère série de l’éditeur nordiste Artima – Arédit. Elle aura même l’honneur de régulièrement faire la couverture du magazine. Il faut dire que son mélange si atypique de dinosaure et soldats attira sans doute l’œil de beaucoup de lecteurs.

[Jean-Michel Ferragatti]