Comic Box Virgin #25 – Umbra[FRENCH] Un thriller qui se passe en Islande, ça a quand même plus de gueule qu’un polar qui se déroule en Ardèche… L’Islande, ses sources d’eau chaude, ses elfes et légendes qui insufflent du mystère aux plus petits gestes du quotidien. Ses températures à – 30° qui font de chaque sortie à l’extérieur un acte héroïque. En feuilletant en vitesse rapide la BD de Murphy et Hawthorne, je tombe sur des pingouins. Un comics qui contient des pingouins ne peut pas être tout à fait mauvais. La présence des pingouins a un impact sur le suspens et la trame de l’histoire. Les pingouins sont plutôt rassurants quand l’oeil s’attarde un peu trop sur les noms des héroïnes. Askja Thorasdottir et l’inspecteur de police Freya skulasdottir (que ceux qui ont réussi à le prononcer sans bégayer réclament leur prix à la rédaction de Comic Box). Et pourtant quand vous parvenez à dépasser les barrières patronymiques, vous découvrez avec délice une BD qui vous tient en haleine jusqu’à la dernière page…

UmbraAskja est médecin légiste (un bien beau métier) pour la police islandaise. Elle va devoir se frotter à une affaire abracabrandesque aussi simple à démêler qu’une énigme tordue du père Fouras. Un squelette est découvert dans une grotte par des spéléologues du dimanche. Le squelette est un grand bavard et révèle que le corps appartenait à une femme de Néanderthal. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que le corps était enveloppé dans un manteau United Colors of Benetton (encore un coup médiatique) et qu’une balle, provenant d’un révolver d’un soldat de l’ex-URSS, est la cause de sa mort (Benetton, la Russie, la préhistoire, ça fait beaucoup). Askja est entraînée malgré elle dans une enquête policière à rebondissement où les pièces du puzzle se mettent en place une par une pour sortir des sentiers du surnaturel et retrouver une explication logique au fil de l’histoire…

Ombres et lumières…

Les amateurs de bons polars vont se régaler. L’enquête d’Umbra est bien ficelé. Les indices permettent de remonter le fil de l’affaire sans réussir à trouver facilement le sésame de la solution. On flirte constamment entre policier et fantastique dans un parfait équilibre qui ménage le suspens. La richesse d’Umbra vient de la consistance du personnage d’Askja. Un portrait de femme tout en finesse. Sûre d’elle quand il s’agit de disséquer tout ce qui bouge, les failles apparaissent sous la forme d’une angoisse latente qui lui fait gober des anxiolitiques comme des bonbons. Des peurs qu’elle finira par affronter avec l’aide de sa dernière rencontre amoureuse, la splendissime Freya, qui jouera les anges gardiens un peu trash (mais tellement sexy). Les dessins en noir et blanc plongent au coeur d’un bon vieux polar. Les traits sont coupés au couteau (une dissection graphique où les personnages donnent l’impression d’être vus sous microscope). L’action se profile dès la première page pour ne s’arrêter qu’à la dernière bulle. Chaque détail est un indice dans cette enquête où l’on se laisse entraîner, attacher par les personnages et par l’histoire.

[Ange Lise]

Umbra
Scénario: Murphy
Dessin : Mike Hawthorne
Editions Akileos, janvier 2007