[FRENCH] Désormais tous les jeudis vous retrouverez ici la rubrique « Comic Box Virgin« … qui n’a rien à voir avec les Virgin Comics mais se propose d’arpenter les albums en VF. Objectif ? Chroniquer les histoires qui ne nécessitent pas d’avoir lu 572 épisodes de Spider-Man. Vous êtes fan de comics et ne savez pas quoi conseiller à vos amis allergiques aux super-héros ? Vous êtes un(e) néophyte ne sachant pas quelle histoire sera compréhensible ou pas ? Comic Box a lancé sa nouvelle recrue, Ange Lise, sur le coup…

Qu’est ce qui est petit et fin, avec un corps mou, bavard et lubrique, alcoolique, accro à la nicotine… et qui n’est pas un homme ? C’est Wormwood, le ver qui vient d’une autre dimension et qui se balade de corps en corps morts. Un asticot super héros qui compte sauver la planète en jouant les parasites hyperactifs. Mieux qu’un bol d’oxygène, Wormwood est une grande bouffée délirante qui nous plonge dans un univers délicieusement débridé…

Vous reprendrez bien un ver…

WormWood est un asticot complètement décadent qui squatte les corps des cadavres pour assouvir ses envies d’orgies. Beuveries au bar du coin entouré de strip-teaseuses qui allument ses appétits de ver solitaire. Le ver a tous les vices. Le ver n’est pas poli et cherche des poux à tous ceux qui le démangent un peu trop, vivants ou morts. Mais le ver n’est pas que sur terre pour se la couler douce. Il a une mission : protéger la planète, envers et contre tout, des invasions démoniaques qui rêvent d’exterminer tout ce qui bouge. WormWood a du pain sur la planche…

Un peu dur à avaler les pérégrinations d’un ver mis sur orbite d’un zombie ? Pas du tout, plus c’est gros, mieux ça passe. Il est attachant ce ver qui ne demande qu’à luire au club de la Ruelle Sombre, tenu par Médusa, patronne vibrante de sex-appeal. Quand vous flirtez avec les premières pages de la BD de Ben Templesmith, vous crevez d’envie de poursuivre l’aventure plus loin. Quatre épisodes dans ce premier volume pour s’imprégner de l’univers déjanté de l’auteur. Mieux vaut laisser sa rationalité au frigo (pour éviter qu’elle ne ramollisse) pendant la lecture pour se laisser bercer par les dessins imprégnés d’effluves graphiques de Dave McKean. Chaque planche est une toile de maître sur les pas des expressionnistes autrichiens. Oskar Kokoschka n’aurait pas renié un de ses héritiers directs. Morbide le gentleman zombie? Wormwood est un ver pince sans rire.  Quand un trépassé fait des blagues, on est souvent mort de rire. L’absurde cohabite avec un humour noir décapant comme l’absinthe. C’est le double effet WormWood. Les dialogues sont aussi succulents que les dessins, à croire que ver rime avec dessert…

[Ange Lise]

Wormwood, Tome 1 – Gentleman zombie
Scénario, dessin et couleurs de Ben Templesmith
Editions Delcourt, septembre 2008