Avant-Première VO: Review Spider-Man #240

Spider-Man #240

Brian Michael Bendis a déjà un pied chez DC Comics qu’il a encore l’autre chez Marvel. Après ses adieux aux Defenders et à Jessica Jones, le voici donc qui solde ses points Miles (désolé). Ou comment quitter celui qui, après Jessica, est sans doute l’un de ses apports majeurs à Marvel.

Spider-Man #240Spider-Man #240 [Marvel Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins d’Oscar Bazaldua & Sara Pichelli
Parution aux USA le mercredi 2 mai 2018

Miles Morales, c’est personnel pour Bendis. Et s’il était besoin de s’en convaincre, si l’on garde à l’esprit que c’est un gros pépin de santé et une hospitalisation qui ont décalé dans le temps les derniers épisodes de séries Marvel de l’auteur, l’intro de ce numéro (avec Miles lui-même hospitalisé) cultive plus ou moins consciemment le parallèle. Et comme de bien entendu, Miles, devenu un peu l’avatar de Bendis, souffre lui aussi d’une infection. Difficile de faire plus explicite. Finalement l’essentiel de l’épisode est consacré à Miles en convalescence et se remettant doucement sur pied, avec une structure très différente des autres épisodes d’adieux de l’auteur. Pourtant il prend soin de continuer de ménager son périmètre, son Bendisverse, de glisser d’un côté Claire Temple, de l’autre Iron Man. Même l’idée d’avoir réutilisé Lucia Von Bardas, sa création de Secret Wars. Là, où l’on reconnaît plus la narration typique du scénariste, sa gestion des fuites en avant, c’est typiquement le combat réglé hors-champ ou l’évocation d’un personnage qui pourrait changer la donne… et que Bendis se garde en réserve (ou aménage en vue d’un prochain run sur le titre).

« …I’d like to think you’ll survive this. »

A la différence du dernier épisode de Jessica Jones ou même – plus lointainement – de celui des Defenders, on n’est pas dans un récit autonome. Miles Morales marque le pas après en avoir réchappé de justesse et reprend goût à la vie. On comprendra que Bendis exorcise certaines choses à travers cette mise en parenthèse du jeune Spider-Man. C’est l’histoire d’un auteur qui a vu passer la mort de pas loin et place son personnage dans une position similaire, pour mieux rebondir sur l’idée que la vie continue. Oscar Bazaldua s’en tire bien au dessin, d’autant plus que Miles passe la plus grande partie de l’épisode au lit, dans un état passif. Et bien entendu une place est ménagée à Sara Pichelli, co-créatrice de Miles. Là où les autres fins de runs de Bendis cultivent un côté business as usual, le combat sans fin, Spider-Man, garçon positif et généralement responsable, décide que toutes les responsabilités du monde ne valent rien si l’on prend pas le temps de profiter des plaisirs de la vie. Encore que prendre soin de soi-même est une forme de responsabilité. Un épisode en mode chill-out, à part donc, en raison du contexte de sa production.

[Xavier Fournier]
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