Dans un futur sombre et désespéré, les Tortues Ninjas sont presque toutes tombées au combat. Presque, car il reste un dernier héros, un justicier vieux et au bout du rouleau, hanté par le souvenir de ses frères disparus. Il est temps de se lancer dans ce qui sera peut-être la dernière mission…

Teenage Mutant Ninja Turtles: The Last Ronin #1Teenage Mutant Ninja Turtles: The Last Ronin #1 [IDW]
Scénario de Tom Waltz, Kevin Eastman et Peter Laird
Dessin de Kevin Eastman, Esau et Isaac Escorza
Parution aux USA le 28 octobre 2020

Lancés dans les années 80 comme un pastiche des X-Men, des New Teen Titans mais aussi du Daredevil de Frank Miller, les Teenage Mutant Ninja Turtles sont pour ainsi dire la mise en pratique qu’il suffisait alors de coller le mot mutant sur n’importe quoi, y compris des tortues, pour que ça vende. La série de Kevin Eastman et Peter Laird était essentiellement un commentaire un peu acide sur les tendances des années 80. Le succès est passé par là, les Tortues sont devenues des personnages de jouet, de dessin animé, de films. A bien des égards elles sont devenues ce qu’elles pastichaient, désormais moins un exercice de style qu’une lecture au premier degré. Teenage Mutant Ninja Turtles: The Last Ronin #1 propose un angle d’entrée dans cet univers en imaginant une fin mais aussi, dans le même temps, en revenant aux racines. Clairement, ce Last Ronin est pratiquement une déclaration d’amour au Dark Knight de Frank Miller mais pas seulement. Il y a de l’Escape From New York, du Robocop dans cette saga. Même le terme de Ronin peut se voir comme un écho d’une autre œuvre de Miller.

« You can’t take the sewer outta the turtle. »

Si pour vous les Tortues Ninjas sont surtout et seulement des personnages bodybuildés qui se lancent des vannes sur fond de pizza, l’effet peut être comparable à quelqu’un qui passerait du Batman version Adam West au Dark Knight cité plus haut. Il y a quelque chose de moins « marrant » et de plus « wagnérien » dans cette vision du monde. La dernière Tortue Ninja survivante à quelque chose, niveau mentalité, d’un Clint Eastwood dans Pale Rider ou Gran Turino. Elle est prête à ne pas revenir de cette mission et les dernières pages font ce qu’il faut pour qu’on se demande à quel point c’est visionnaire. Il ne reste qu’une tortue ninja mais en restera-t-il une à la fin de cette saga ? C’est toute la question mais en tout cas c’est prenant à souhait.

[Xavier Fournier]