La ville de Detroit a son propre super-héros et, non, ce n’est pas Robocop. Stealth, le héros volant, protège la cité tout en faisant preuve d’une tendance de plus en plus violente. Dans le même temps le journaliste Tony Barber tente d’exercer son métier de manière intègre, poussé à bout par une « patronne » qui ne le comprend pas. L’état de santé de son père n’arrange pas les choses. En quoi le comportement de Stealth et celui des Barber sont-ils comparables ? Hé bien…

Stealth #1Stealth #1 (Image Comics/Skybound)
Scénario de Mike Costa
Dessin de Nate Bellegarde
Parution aux USA le mercredi 11 mars 2020

Voilà dix ans Robert Kirkman et Top Cow faisaient équipe pour une Pilot Season où chaque nouveau numéro était une idée différente du scénariste, dessinée par l’un des protégés du label. Promis, juré, l’idée préférée des lecteurs deviendrait une série illimitée. Et puis… quelque temps après la parution des spéciaux, le torchon a brûlé entre Kirkman et Top Cow, il a, en quelque sorte, fallut se partager « les gosses », les concepts ébauchés lors de la Pilot Season. Ce qui explique qu’une décennie plus tard Stealth est de retour… est en même temps aussi différent que deux versions d’une même série télévisée produites à des années d’écart. Le Stealth de Mike Costa et Nate Bellegarde est donc une réinterprétation, avec un casting de personnages légèrement différent. Dès lors deux situations possibles : soit vous avez lu le « pilote » de 2010 et vous vous demandez si les choses vont tourner de la même manière, soit c’est votre premier contact avec Stealth et rassurez-vous, il n’est pas du tout besoin d’avoir lu l’épisode d’il y a une dizaine d’années, il est comme lié à une autre continuité.

« When I put on the suit, I take the power back. »

Comme dans beaucoup de concepts initiés par Robert Kirkman, les relations père-fils sont ici essentielles (le père, ici, souffre d’Alzheimer). Mais dans le Stealth de 2010 on voyait le coup de théâtre final venir alors qu’ici Mike Costa mène mieux sa barque et arrivera sans doute mieux à déjouer les prévisions du lecteur. Le dessinateur Nate Bellegarde donne également à la série une ambiance différente mais le plus de cette série est aussi mettre la ville (Detroit) bien plus en évidence. Avec les problèmes financiers qu’on lui connait, Detroit est une ville dégradée, une ville qui ne veut peut-être pas ou ne peut peut-être pas être sauvée. Le parallèle avec Stealth, super-héros faillible, également dans une situation scabreuse, fait que l’ambiance est plus forte. Le Stealth de 2010 avait des allures de bout de série à peine amorcée, celui de Costa et Bellegarde initie quelque chose de potentiellement plus riche. On est curieux de voir ce qu’il va advenir de Stealth et de son entourage.

[Xavier Fournier]