Alors qu’Iron Man fait un rève étrange, les Avengers sont appelés à l’aide dans un endroit essentiel dans la mythologie de Marvel : la Lune. Ancien repaire du Watcher, oui, mais aussi première cité des Kree et aujourd’hui… quelque chose d’entièrement différent, voir d’opposé. Et les super-héros terrestres vont rapidement décider de tout faire pour défendre ce nouveau Paradis, quitte à défier plusieurs empires intergalactiques. Cependant ils ne sont peut-être pas au bout de leurs surprises.

Empyre #0: AvengersEmpyre #0: Avengers [Marvel Comics]
Scénario d’Al Ewing
Dessin de Pepe Larraz
Parution aux USA le mercredi 24 juin 2020

On connait la rengaine du fan blasé à base de « Bouhouhou, les comics c’était mieux avant » ou, alternativement de « Bouhouhou, ce ne sont plus les héros de mon enfance ». Avec ce prologue à Empyre, le nouveau crossover de Marvel, Al Ewing et Pepe Larraz démontrent au contraire qu’on n’a pas a choisir entre deux publics, entre les anciens ou les nouveaux mais que cela peut très bien être « Fromage ET Dessert », en trouvant une narration qui permet d’expliquer les choses aux « newbies » tout en inscrivant cette nouvelle saga dans tout un pan de références qui remontent, au moins, à Fantastic Four #13 (l’apparition de la Zone Bleue lunaire) en passant par la guerre Kree/Skrull, le run de Steve Englehart et même une minisérie relativement « oubliée » telle que Celestial Quest. Le scénario d’Ewing fait le bilan de ce que les Kree, les SKrulls et les Cotatis représentent pour les Avengers en s’arrangeant pour ne pas trébucher sur un effet « listing ». C’est une saga « cosmique » qui s’amorce, c’est vrai, mais ce numéro zéro repose aussi sur les personnalités de héros tels qu’Iron Man ou Captain Marvel. Tout en rendant accessible Swordsman en l’espace de quelques cases. Il y a « boire et à manger » pour les fans de longue date. Et les nouveaux venus ne devraient pas se sentir trop perdus, entre des explications données de façon naturelle et même un don certain pour aller piocher dans le vocabulaire des films. Scénaristiquement Ewing ne fait pas l’erreur d’opposer continuité et accessibilité. L’une sert à l’autre (et inversement), tout simplement.

« If we can stop that, we have to. Whatever it takes. »

On sent quand même assez vite que, comme dans toute utopie, il y a quelque chose qui cloche. Les Avengers ont toutes les raisons de servir cette cause mais les lecteurs d’Incoming, il y a quelques mois, savent déjà que cette décision va les faire s’opposer à un héros connu. La fin de l’épisode, d’ailleurs, nous montre que le clash aura bien des facettes et qu’il serait hasardeux, pour le lecteur, de choisir son camp. Après tout, dans une mythologie que l’on connait en partie via Immortus (menteur chronique, c’est le cas de le dire) et où interviennent les Skrulls (qui peuvent prendre n’importe quelle apparence), la place est belle pour laisser aux auteurs un droit d’inventaire et pour promettre quelques rebondissements. On regrettera qu’à ce stade certains Avengers comme Black Panther ou Hulk aient peu de temps de parole mais la narration, centrée sur un protagoniste, justifie celà (ils auront sans doute l’occasion de se rattraper par la suite). Empyre #0: Avengers nous vend assez bien l’idée d’un choc inexorable où des personnages vont s’affronter, chacun en étant convaincu d’avoir les meilleures raisons au monde. Cela Empyre semble (à ce stade tout au moins) renouer avec un certain esprit du Silver Age, en le rendant assimilable au « lecteur récent ». C’est un début intéressant d’autant plus qu’on en est encore à se demander qui à raison dans cette histoire et que le scénario se garde encore un potentiel de révélations.

[Xavier Fournier]